ARNOlog

Journal peu intime...

16 juillet 2009

Le Spirou aux pinces d’or

 

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A la mort d’Hergé, tous les journaux ont associé la mort du dessinateur à celle de son héros, Tintin. Tous connaissaient la volonté de l’auteur de voir disparaître avec lui le château de Moulinsart et ses locataires. Spirou, concurrent et compatriote de Tintin, n’a pas eu la même destinée. Les auteurs se sont multipliés, reprenant en main et à la force du crayon le devenir du petit groom. Parmi ces auteurs, citons Rob-Jel, Jijé, Franquin, Fournier, Tome et Janry, Morvan et Munuera.... Chacun a contribué à créer un univers particulier, construit pierre par pierre, album après album. Récemment, les éditions Dupuis ont permis à d’autres auteurs de se lancer dans l’aventure le temps d’un "one Shot". Cette nouvelle série s’est avérée bien plus exaltante que les volumes officiels soucieux d’une chronologie et de plus en plus inspirés par l’univers des mangas.

En 2008, Emile Bravo signe, ni plus ni moins, la renaissance du petit groom. Comme dans un "Spirou begins", le dessinateur est revenu aux origines du héros, éclairant une grande partie des mystères de cette série. Spirou travaille (vraiment) comme groom dans un hôtel. Nous sommes à la veille de la seconde guerre mondiale et c’est l’heure de la rencontre avec son acolyte, Fantasio, pigiste fantasque. Sur quelques cases, l’influence de tintin est plus que perceptible. Spirou quitte même son costume rouge pour un pantalon de golf... De là à parler d’une frustration des auteurs de s’emparer de l’univers laissé orphelin par Hergé, il n’y a qu’un pas...

En 2009, les lecteurs du "journal d’un ingénu" rêvent d’une suite... Olivier Schwartz et Yann exaucent ce souhait avec "le groom vert-de-gris" qui reprend les aventures de Spirou et Fantasio sous l’occupation aux prises avec les nazis. Les temps ont changé, l’hôtel de Spirou est le siège des nazis. Le rouge de son costume est même devenu vert-de-gris... Même si l’histoire est un peu plus faible que celle d’Emile Bravo, le lecteur se laisse agréablement embarquer dans ces aventures enlevées qui citent régulièrement en guest-stars les personnages croisés chez Tintin, voire des inventions du professeur Tournesol et même un débat sur le passé d’Hergé : "Tintin, rayon de soleil ou propagande nazie ?".

Si Emile Bravo misait sur de petits clins d’oeil, Schwartz et Yann nous invitent à un véritable jeu de piste, convoquant indifféremment les précédentes aventures de Spirou et celles de Tintin... Les initiés sont surtout les bienvenus !

Faisons un rêve de bédéphile : Joan Sfar, Manu Larcenet... Attaquez Spirou et gardez des forces pour Tintin (on ne sait jamais...)


 

Ps:

A noter que Lewis Trondheim avait en douce et l’air de rien signé un Spirou... "l’accélérateur atomique". Lapinot portait très bien le costume de groom.

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18 avril 2009

Sa plus belle histoire d’amour, c’est NOUS

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Pour brosser une nouvelle fois le portrait de nos petites séductions et autres relations intimes, Bastien Vives a choisi de nous crayonner en couleurs sur deux Bandes dessinées : "Dans mes yeux" et "la boucherie". L’abandon de la palette graphique et des fonds aquatiques du "goût du chlore" offre à son auteur l’occasion de renouveler son style en lui donnant l’apparence de la simplicité... L’apparence, seulement ; l’habileté du trait répondant parfaitement à la justesse du propos.

Bastien Vives connaît les désirs, les attentes, les failles, les petites faiblesses, les grandes joies, les moments suspendus des premiers instants amoureux, l’alchimie d’une rencontre, les regards échangés, les silences lourds de sens, cette voltige des sens et le doute...

En fin observateur de la chose amoureuse, Bastien Vives guette en deux temps les gestes qui font et défont l’amour.

Premier mouvement : "Dans mes yeux"

Voici une aventure dont vous êtes le héros. Vous voilà dans une bibliothèque universitaire en face d’ une jeune fille que vous observez avec intensité jusqu’à ce qu’elle lève les yeux de son livre... C’est bien vous qui la regardez. A l’instar de la caméra subjective du film "la femme défendue" de Philippe Harel, le crayon fait de vous un héros moderne et conquérant. Un héros muet dont on devine les paroles. De fil en aiguilles, des liens se nouent entre cette jeune fille et vous. La suite est évidemment à lire et à vivre. Un sentiment de déjà vécu peut s’insinuer dans les pages, vous faire même sourire et pourquoi pas vous émouvoir.

 

Second mouvement : "la boucherie"

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... ou quand les ennuis commencent. Bastien Vives n’a pas oublié non plus les lendemains qui déchantent, les sanglots nocturnes inexpliqués, les mots qui manquent quand "tout est dit" et "les jeux sont faits". Dans la boucherie, le personnage masculin apparaît, les méprises aussi. Entre deux scènes du quotidien, des moments atypiques illustrent le déclin : saut en parachute dangereux, violence injustifiée... On se renvoie même la balle lors d’une partie de Ping Pong ! Cette "boucherie"est aussi un ballet des corps et des sentiments.

 

En deux mouvements, Bastien Vives vous fait entrer dans cette petite musique des sentiments et nous rappelle son universalité. C’est rare et plutôt beau.

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14 avril 2009

"CLAK!"

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Collées, séchées, pressées entre les pages quadrillées d’un cahier, les plantes vivent encore de nos jours une persécution quotidienne et banalisée. Motivés par d’obscurs impératifs scolaires, les enfants arrachent les feuilles de leur environnement pour constituer un herbier. un recueil de pages où les plantes se cachent pour mourir, rien de moins !

Visiblement traumatisé, Jul, dessinateur de presse et de Bandes dessinées sensibilise les jeunes générations en signant cet "herbier impitoyable" aux éditions Charlie Hebdo Junior. Avec Jul, faisons un rêve : et si un livre pouvait nous débarrasser des importuns...

Il est facile de collectionner les ennuis quand on est un élève d’école primaire nanti d’une belle-mère vociférante, d’un ami à quatre pattes montrant les crocs, du "grand fred" racketteur et d’une maîtresse d’école tyrannique. Il serait tellement plus réjouissant de collectionner dans un herbier ceux qui nous pourrissent l’existence... Et voilà qu’un beau jour, Simon (car c’est de lui dont il s’agit) découvre échoué sur le bitume, "l’herbier qui tue". En l’ouvrant, un mode d’emploi le met au parfum :

"Cet herbier magique vous permet de collectionner non pas des fleurs ou des feuilles que l’on fait sécher entre les pages, mais des gens bien réels. Il vous suffit de penser à une personne, et de refermer avec force le livre : la voilà piégée !"

 

Très librement inspiré du manga "Death Note" de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, cet "herbier impitoyable" défoule et réjouit le lecteur. Violent, vous avez dit violent ?... Oui, certes, mais avec l’humour qui caractérise Jul (il faut d’ailleurs à tout prix lire "Il faut tuer José Bové", "la croisade s’amuse" et le "guide du moutard"). Cette fois-ci, Jul s’attaque au jeune public sans mâcher ses mots et sans restreindre sa plume... En témoignent ces portraits éclatés, aplatis, en un mot "cubistes" des victimes de ce fabuleux herbier...

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07 janvier 2009

"Maudite Tamara !"

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"Mes amis, ne me laissez pas, non.
Ce soir je repars au combat,
maudite Tamara, puisque te v’là"

Après avoir très librement adapté Emma Bovary de Flaubert (Gemma Bovery, disponible à la médiathèque), voici le nouveau roman graphique de Posy Simmonds, très largement (et librement) inspiré du roman de Thomas Hardy qui fit scandale, à sa sortie en 1874, loin de la foule déchaînée.

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"Librement", "libre", "libertin"... Ici tout tourne autour de la liberté et ses variations. Pourtant, l’univers de Posy Simmonds paraît au premier abord restreint : "Loin de la foule déchaînée. Retraite studieuse pour écrivains. Accès facile par M96. Paysage superbe, belles balades. Huit studios calmes et confortables dans bâtiment de ferme convertis. ".

Dans ce petit village, tout est calme. Les vaches ruminent, les écrivains posent leur plume pour mieux réfléchir, les ados s’ennuient et squattent l’abri bus. Tout est calme.... Jusqu’à ce que Tamara, créature de rêve aux jambes interminables, revienne semer le trouble dans la gente masculine. "Mon cœur, mon cœur ne t’emballe pas, fais comme si tu ne savais pas, que la Tamara est revenue". Si Jacques Brel avait rencontré Tamara avant Mathilde, il ne s’en serait peut-être pas remis.

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La petite communauté est ébranlée. Les petites tromperies conjugales prennent une autre dimension avec Tamara. Bien plus tragique. Tous les coups sont permis dans ces relations adultérines sans foi ni loi. Entre Nicholas, l’écrivain à succès, Beth, son épouse qui ferme les yeux pour maintenir un semblant d’harmonie, Glen, l’universitaire, Andy, l’homme à tout faire, et la troublante Tamara, va s’installer un manège destructeur qui fait tourner les têtes avant de les faire perdre...

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Posy Simmonds croque des portraits criants de vérité. Les faiblesses des hommes, les petites trahisons entre amis et amoureux, la longueur des journées quand on est adolescent. Tout est dans les traits de l’auteur, mais pas seulement : cet ouvrage fait la part belle aux textes. Très loin d’une BD, il s’agit bel et bien d’un roman graphique. Ce terme qui a redonné ses lettres de noblesse est souvent mal utilisé aux bandes dessinées. Il trouve ici sa plus belle expression.

Peinture grinçante des moeurs, Tamara Drewe est à lire au coin du feu (si vous êtes nanti d’une cheminée) ou d’un radiateur...

Et Mathilde dans tout ça, me direz-vous ?

 

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01 décembre 2008

Epris d'embruns

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Première expérience : Prenez entre vos mains un dictionnaire (pas dans votre Médiathèque , merci!) laissez le choir sur le sol. Laissez ensuite le hasard guider votre doigt vers l’un des mots définis.

Au premier coup, vous tombez sur le mot "Phare" (haute tour élevée sur une côte ou un îlot, munie à sommet d’un fanal qui guide la marche des navires pendant la nuit). Au deuxième essai, le sort et votre doigt délicat vous entraîne vers le terme "Monstre" (être vivant ou organisme de conformation anormale). Au troisième et dernier essai, le hasard vous offre enfin "imagination" ( faculté qu’à l’être humain de se représenter par l’esprit des objets, des faits irréels ou perçus. Faculté d’inventer, de créer, de concevoir).

Seconde expérience : à partir de ces mots et du premier exercice, imaginez le dernier chef d’oeuvre de Chabouté : "tout seul". Puis, ouvrez les yeux sur cette merveille de sensibilité, sur les larges traits noirs esquissant un paysage marin, un îlot désert surmonté d’un phare et survolé de quelques mouettes. A son "bord", un homme solitaire et difforme ne connaissant de la vie que ce que lui dicte son imagination et les mots qu’il tire de son dictionnaire (voir expérience n°1).

Comme un homme atteint de cécité, le solitaire réinvente le monde, recrée les objets usuels et meuble une vie faite de rituels et d’évasion. L’auteur, Chabouté nous invite à l’intérieur d’un esprit et dessine ses folles escapades imaginaires... jusqu’au jour où le voyage spirituel au pays des mots se dispute à l’appel du réel.

Une BD sensible et poétique de 367 pages qui après avoir été lue et admirée pourra s’ouvrir au hasard en une bonne inspiration d’air marin !

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25 octobre 2008

Je veux être un Moomin heureux !

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Au pays des Moomins, les maisons ne ferment pas à clef, les brigands naviguent sans cesse entre rédemption et malversation, les familles se font et se défont plus vite qu’à l’accoutumée, et les ombres et "gros mots" se mettent à parler et marcher ! Absurde ? Poétique ? Oui, définitivement oui. Vous êtes bien au pays des Moomins, véritables icônes en Finlande et en Suède.

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Ci-dessus : le Moomin... snoopy finlandais, Totoro scandinave, ou plus simplement hippopotame gentil et attendrissant progressant sur ses deux pattes arrières... autour de lui gravite pléthore de personnages : Sniff (l’ami, conseiller en malhonnêteté), son amoureuse, Melle Snork (un brin superficielle...), ses parents (pas très responsables), Edouard (phoque sur patin à roulettes) et bien d’autres excentriques !

L’action se joue de strips en strips et en noir et blanc autour d’un quotidien rappelant le nôtre où survient par touche le merveilleux, l’imaginaire et la folie.

Le goût de l’absurde a dépassé les frontières du grand nord pour séduire le public japonais, pour qui une série animée a même été conçue. En France et en des temps pas si reculés, certains ont pu petit-déjeuner devant cette série avant de se lancer dans une longue journée d’école.

Moomin est aussi le héros de romans du même auteur, sous le nom de "Moumine le troll"... car oui, Moumin serait un troll, mais je peine à y croire...

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Tomber dans le monde des Moomins, qu’on soit petit, moyen, grand ou très grand est une expérience joliment euphorisante. Une pincée de poésie qui donne envie, à l’image de la famille Moomins, de refuser d’hiberner et de profiter pleinement de l’hiver qui approche !

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13 octobre 2008

Orage et dédicace

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Qu'il est bon de travailler parfois...


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21 juin 2008

La plouf attitude II

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Après un premier épisode consacré à la plouf attitude (ici),voici un second épisode autour de l'eau chlorée et de son goût si particulier... Vous avez rêvé d'une BD sur votre discipline sportive préférée, Bastien Vivès l'a fait !
Rappel pour les néophytes, le rituel du parfait petit nageur est celui-ci : vestiaire, passage obligatoire sous la douche et dans le pédiluve, expression de vif étonnement ("l’est froiiiiide !"), crawl, brasse coulée, dos crawlé (sans rétro), accélération, ralentissement, slalom, esquive horizontale ou verticale (vive le sous l’eau), passage réconfortant sous la douche chaude et retour fourbu dans les vestiaires...

Dans le goût du chlore, une bande dessinée de Bastien Vivès (voir son blog ici), un jeune homme se rend à la piscine une fois par semaine, contraint et forcé par son kiné et un mal de dos persistant. Assourdi par un très joli bonnet bleu, il s’élance dans l’eau turquoise et chlorée du bassin. Le monde du silence est à sa portée, seuls les quelques battements des autres nageurs le distraient dans sa tâche... jusqu’au jour où une jeune nageuse, bien plus douée que lui, capte son attention. De mercredi en mercredi, le jeune homme l’attend, s’inquiète de ses retards et ose un beau jour lui adresser la parole.

Elle lui donne alors quelques conseils de natation (le lecteur en bénéficie également) et se dévoile à lui par épisode, le temps d’une pause entre deux longueurs. Lorsqu’elle ne vient pas, il touche "le fond de la piscine". L’émoi est bel et bien là, d’une case à la suivante. La piscine est ici le théâtre d’une jolie rencontre. Le goût du chlore est sensible, intime et pudique, tout en silence et en retenue. De quoi y puiser la force d'aller et de retourner à la piscine !

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06 juin 2008

Juste le temps d'aimer

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Avec un trait que l’on croirait au prime abord destiné aux plus jeunes, Lucie Durbiano croque les amours des grands ; des histoires sans lendemain, des conquêtes contrariées développées en quelques cases.

Pourtant, un jeune enfant pourrait se sentir en terrain familier : le petit chaperon rouge est bien celui que nous avons toujours connu (même si cette jeune personne drague honteusement le loup), Alice pourchasse bien un lapin (et lui pince les fesses), un escargot tombe amoureux (d’une sculpture)...

Sur un ton ingénu et charmant, Lucie Durbiano raconte des histoires d’amour qui finissent mal (en général) et les déceptions qu’entraîne l’amour physique (et sans issue).

En quelques pages, Lucie Durbiano réussit à réjouir le lecteur avec ses petites variations sur l’amour. Le style, déjà remarqué dans le très rohmérien "Orage et désespoir" continue ici à séduire. Derrière ces sept histoires, c’est la personnalité d’un auteur et son ton si singulier qui se dévoilent au fil des pages... En toute sensualité.

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13 avril 2008

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Suite à l’échec électoral de son parti, le général de Gaulle entame en 1955 sa fameuse "traversée du désert". C’est cet homme, les pieds dans le sable, retiré pour écrire ses mémoires, que Jean-Yves Ferri dessine dans son nouvel album, De Gaulle à la plage.

Petite différence notable : L’auteur a choisi (et c’est son droit) de nous raconter la traversée de la plage du grand homme. Pourvu pour l’occasion de magnifiques tongs prises sur l’ennemi viêt, d’un aide de camp haut comme trois pommes, d’une épouse jalouse (Yvonne), et de sa descendance (un adolescent travaillé par ses hormones), le Général de Gaulle observe les éléments et goûte aux joies du farniente... Mais la tranquillité a ses limites et le tableau de famille ne serait totalement complet si on omettait de parler du chien, capture de guerre et rejeton du chien-loup d’Hitler. Son nom ? Wehrmacht ! Son aboiement ? Reich ! L’ennemi est encore tapi dans l’ombre.

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Quel est le plan d’attaque de cette fine équipe ? écriture de ses mémoires, baignades autorisées, crises d’égo avec Churchill et ... romance avec une magnifique naïade ! Selon la presse, Grace Kelly aurait même succombé aux avances du Général.

Très fantaisiste et drôle, cet album de Jean-Yves Ferri aux résonances très contemporaines, est constitué de courtes histoires en strips. La forme rappelle beaucoup la série "Retour à la Terre"qu’il a aussi réalisé avec Manu Larcenet.

Jean-Yves Ferri écrit et dessine seul ce volume et nous fait espérer une suite. Avec d’autres présidents ?

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