01 juin 2009
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Revoir Twin Peaks et frémir : une bien étrange madeleine pour ceux qui ont expérimenté cette série au début des années 90. En ces temps où le Biactol faisait fureur (je parle pour moi, bien sûr...), l’attente d’un épisode à l’autre était fébrile. Il fallait s’armer de patience, tromper la vigilance des parents, capturer la télécommande, voire les convertir aux douces folies de cette série. Le lendemain, des réunions de "Twin Peaks-maniaques" s’improvisaient ici et là aux quatre coins de mon collège. Petit extrait de ses conversations passionnantes :
Moi : - "Bonjour, je m’appelle Arnaud et je n’ai manqué aucun épisode "
Les autres : -" Bonjour Arnaud" (en choeur), connais-tu le mot de passe pour intégrer notre groupe ?
Moi : "oui, les hiboux ne sont pas ceux que l’on pense !"
Les autres : "Tu es des nôtres"
Moi : "Merci, oh merci, vous ne le regretterez pas, je pense savoir qui a tué Laura Palmer... "
Aujourd’hui encore, j’éprouve une certaine fierté à avoir tout (et vraiment tout) suivi. Et puis, malgré tout, une petite honte d’être tombé dans le piège des objets dérivés : les livres "le journal secret de Laura Palmer" et "L’autobiographie de l’agent très spécial Dale Cooper, ma vie, mes enregistrements"... Cultes et ridicules ! Mais l’adolescence est un moment si merveilleux que vous saurez m’excuser...
Reprenons la trame de cette série : un meurtre a lieu dans la petite ville de Twin Peaks non loin de la frontière avec le Canada. La mort de Laura Palmer, en apparence une fille bien sous tout rapport, remue toute la communauté déjà bien atteinte par un éventail impressionnant de troubles psychiques...
Arrive l’agent du FBI, Dale Cooper, costume noir, cheveux noirs gominés, adepte (comme David Lynch) de méditation transcendantale, de tarte à la cerise et de café noir brûlant (comme moi). Il découvre un microcosme étrange et tout comme lui, on en viendrait presque à oublier de se poser la question pourtant essentielle : "qui a donc tué Laura Palmer et pourquoi ?".
Deux saisons ont été diffusées avant qu’un déclin d’audience mette à mal la survie de la série. David Lynch retourna à Twin Peaks pour le film "Fire walk with me" révélant les derniers jours de Laura Palmer.
Et maintenant, que dire en regardant cette série ? Elle a un tout petit peu vieilli (ou moi, tout compte fait...). Mais, au bout de quelques épisodes, on se laisse facilement reprendre par la folie des personnages... le suspens en moins. Retrouver Kyle MacLachlan dans un rôle différent de celui qu’il endosse actuellement pour "Desperate Housewives", des acteurs ayant joué dans "West Side Story" et surtout la touche de David Lynch, diablement décalée, inventive, en un mot géniale...
Il ne tient qu’à vous
d’entrer dans le groupe des initiés... Rappel, "les hiboux ne sont pas
ceux que l’on pense" (c’est le mot de passe).
23 mai 2009
Un Immortel LIGHT
En intitulant son dernier album "la musique", Dominique A s’est-il décidé à ériger un manuel définitif (et pour les nuls...) de la bonne composition de chansons françaises ou la sobriété du titre reflète-t-elle un retour vers une musique plus directe et légère ?
A l’écoute de ce disque, la première impression est celle d’un retour aux sources : Comme son tout premier album "la fossette", "la musique" a été composée et en grande partie enregistrée à la maison, dominique A jouant de la plupart des instruments. Effet "madeleine" assuré qui nécessite un petit retour en arrière... En 1992, de nombreux auditeurs découvrent de petites chansons enregistrées de façon confidentielle et en cachette entre le lit et le bureau, un univers singulier où l’on chante avec minimalisme "vivement dimanche que je mette mon chapeau", où dans lequel "le courage des oiseaux" est loué à coup de rythmes en boîte gonflés au bontempi. Se rangeant de la pop minimaliste, il poursuivra sa carrière avec SON tube "le twenty two bar", des albums moins accessibles et de magnifiques collaborations avec d’autres musiciens (Yann Tiersen notamment...).
Après de nombreux tours et détours artistiques, voici le retour de la pop, du minimalisme, le temps d’une musique plus directe. Du "Dominique A" qui s’allège en retrouvant son goût pour la new wave et la pop de OMD. Les sons sont légers, mais le propos toujours grave. Dès les premières notes synthétiques, Dominique A nous chante avec sensibilité qu’il a tout essayé, qu’il n’a pas trouvé le sens, qu’il a cherché dans la rue, qu’il a aimé... Il est même désolé. Le sens n’a pas été trouvé...
Ensuite, merveille des merveilles, dominique A interprète une chanson qu’il avait à l’origine composée à l’intention d’Alain Bashung pour "Bleu pétrole", "Immortels". Lourde de sens, Dominique A semble maintenant s’adresser à son ainé récemment disparu : "Je ne t’ai jamais dit, mais nous sommes immortels [...] Et toi qui n’es plus là, c’est comme si tu étais plus immortel que moi, mais je te suis de près...".
Dominique A part ensuite pour "Nanortalik" (ou n’importe où), en d’autres terres... "Evasion" pour embrasser d’autres musiques...
D’autres musiques ? Parlons-en avec "hasta que el cuerpo aguante", du pur Dominique A qui tournoie à l’espagnole et qui prend aux tripes. "La musique" l’entraîne ensuite dans l’ancienne Egypte avant de lui faire entendre le "bruit blanc de l’été". Oui, la "musique" est aussi un album de saison...
Pour finir, Dominique A s’essaie avec succès à la chanson sensuelle avec cet "hôtel congress" où il fait 110 ° fahrenheit (43 ° celsus... chaud, très chaud) et où une américaine s’occupe à... (... vous de l’écouter). Et au final, "dans la lueur du soir, [vous aurez vu] la fin d’un monde"... Que demander de plus ?
Vous l’aurez compris, cet album est, à mon sens, une vraie réussite. Je vous en laisse juge avec cet extrait ci-dessous.
"Et en attendant plus tard, occupez-vous des prochaines secondes ! "
18 avril 2009
Sa plus belle histoire d’amour, c’est NOUS
Pour brosser une nouvelle fois le portrait de nos petites séductions et autres relations intimes, Bastien Vives a choisi de nous crayonner en couleurs sur deux Bandes dessinées : "Dans mes yeux" et "la boucherie". L’abandon de la palette graphique et des fonds aquatiques du "goût du chlore" offre à son auteur l’occasion de renouveler son style en lui donnant l’apparence de la simplicité... L’apparence, seulement ; l’habileté du trait répondant parfaitement à la justesse du propos.
Bastien Vives connaît les désirs, les attentes, les failles, les petites faiblesses, les grandes joies, les moments suspendus des premiers instants amoureux, l’alchimie d’une rencontre, les regards échangés, les silences lourds de sens, cette voltige des sens et le doute...
En fin observateur de la chose amoureuse, Bastien Vives guette en deux temps les gestes qui font et défont l’amour.
Premier mouvement : "Dans mes yeux"
Voici une aventure dont vous êtes le héros. Vous voilà dans une bibliothèque universitaire en face d’ une jeune fille que vous observez avec intensité jusqu’à ce qu’elle lève les yeux de son livre... C’est bien vous qui la regardez. A l’instar de la caméra subjective du film "la femme défendue" de Philippe Harel, le crayon fait de vous un héros moderne et conquérant. Un héros muet dont on devine les paroles. De fil en aiguilles, des liens se nouent entre cette jeune fille et vous. La suite est évidemment à lire et à vivre. Un sentiment de déjà vécu peut s’insinuer dans les pages, vous faire même sourire et pourquoi pas vous émouvoir.
Second mouvement : "la boucherie"
... ou quand les ennuis commencent. Bastien Vives n’a pas oublié non plus les lendemains qui déchantent, les sanglots nocturnes inexpliqués, les mots qui manquent quand "tout est dit" et "les jeux sont faits". Dans la boucherie, le personnage masculin apparaît, les méprises aussi. Entre deux scènes du quotidien, des moments atypiques illustrent le déclin : saut en parachute dangereux, violence injustifiée... On se renvoie même la balle lors d’une partie de Ping Pong ! Cette "boucherie"est aussi un ballet des corps et des sentiments.
En deux mouvements, Bastien Vives vous fait entrer dans cette petite musique des sentiments et nous rappelle son universalité. C’est rare et plutôt beau.
14 avril 2009
"CLAK!"
Collées, séchées, pressées entre les pages quadrillées d’un cahier, les plantes vivent encore de nos jours une persécution quotidienne et banalisée. Motivés par d’obscurs impératifs scolaires, les enfants arrachent les feuilles de leur environnement pour constituer un herbier. un recueil de pages où les plantes se cachent pour mourir, rien de moins !
Visiblement traumatisé, Jul, dessinateur de presse et de Bandes dessinées sensibilise les jeunes générations en signant cet "herbier impitoyable" aux éditions Charlie Hebdo Junior. Avec Jul, faisons un rêve : et si un livre pouvait nous débarrasser des importuns...
Il est facile de collectionner les ennuis quand on est un élève d’école primaire nanti d’une belle-mère vociférante, d’un ami à quatre pattes montrant les crocs, du "grand fred" racketteur et d’une maîtresse d’école tyrannique. Il serait tellement plus réjouissant de collectionner dans un herbier ceux qui nous pourrissent l’existence... Et voilà qu’un beau jour, Simon (car c’est de lui dont il s’agit) découvre échoué sur le bitume, "l’herbier qui tue". En l’ouvrant, un mode d’emploi le met au parfum :
"Cet herbier magique vous permet de collectionner non pas des fleurs ou des feuilles que l’on fait sécher entre les pages, mais des gens bien réels. Il vous suffit de penser à une personne, et de refermer avec force le livre : la voilà piégée !"
Très librement inspiré du manga "Death Note" de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, cet "herbier impitoyable" défoule et réjouit le lecteur. Violent, vous avez dit violent ?... Oui, certes, mais avec l’humour qui caractérise Jul (il faut d’ailleurs à tout prix lire "Il faut tuer José Bové", "la croisade s’amuse" et le "guide du moutard"). Cette fois-ci, Jul s’attaque au jeune public sans mâcher ses mots et sans restreindre sa plume... En témoignent ces portraits éclatés, aplatis, en un mot "cubistes" des victimes de ce fabuleux herbier...
25 mars 2009
God save the books
La lecture est-elle une addiction comme les autres et est-elle subversive ?
Tentative de réponse : Amateur de lignes, le lecteur peut sans peine se relever la nuit pour finir un roman sous les prétextes les plus fallacieux ("qui est l’assassin ?", "qui va embrasser qui ?", "pourquoi Monsieur Darcy est-il si orgueilleux ?" ). Le lecteur aime se réfugier dans ce monde artificiel fait de papier, d’encre et de rêves. En conséquence, ses yeux ont tendance à rougir. Il a la capacité d’attendre des mois le dernier roman d’une longue série. En le dévorant, il regrette souvent cette soudaine boulimie... Le lecteur est un être insatiable. Il a ses habitudes dans les librairies et les bibliothèques et parfois, quand le manque se fait trop fort, il ose s’encanailler chez les bouquinistes...
Illustrons cette fumeuse théorie par La Reine des lectrices d’Allan Bennet. Un beau jour anglais, au palais de Buckingham, la Reine Elisabeth II promène ses chiens et découvre avec étonnement un bibliobus garé dans son jardin. N’écoutant que son devoir et souhaitant rendre hommage au beau métier de bibliothécaire, sa majesté décide d’emprunter un ouvrage. Geste anodin en apparence qui déclenche une suite de conséquences exceptionnelles. La Reine devient une lectrice passionnée, acharnée, exclusive, au point d’en oublier le protocole.
Le premier ministre anglais s’offusque, le président français peine à répondre aux questions sur Jean Genet (un compatriote pourtant...), l’entourage royal complote contre cette dérive en cachant les livres de sa gracieuse majesté. Pourtant, en lisant et en se repliant derrière les livres, la Reine découvre l’humanité. Elle continue cependant sa lecture dans son carrosse lorsqu’il est d’usage de saluer cette dite humanité...
Fin, caustique, ce court roman sur la littérature et ses curieux effets est un réconfort pour tous les lecteurs incompris qui n’osent plus parler de leurs lectures. Ici, "on lit pour le plaisir. il ne s’agit pas d’un devoir public". Ce roman est aussi un extrait d’Angleterre, à déguster avec une excellente marmelade d’orange ...
Et si la Reine s’était éprise de cette chanson des Sex Pistols, que serait-il advenu de la monarchie anglaise ?
13 mars 2009
Le timbre en tête
Est-il lecture plus forte que celle qui engage un véritable dialogue avec l’auteur ? Lorsque la voix porte les mots, lorsque la lecture pour soi s’ouvre aux autres, l’intime se partage. Le rideau peut se lever, les trois coups résonner, les toussotements s’exercer. Le théâtre s’ouvre alors comme un livre. Dans voix off, tout commence par les mots, tout se poursuit sur scène. Une phrase tirée d’Albertine Disparue de Proust, tombée sous les yeux du jeune Denis Podalydes, l’éveille à ce goût des mots : "Que le jour est lent à mourir par ces soirs démesurés de l’été". Les mots se répètent, prennent vie dans son esprit. Forts de leur justesse, ils trouvent un écho favorable dans la tête d’un jeune homme qui éprouve les langueurs de l’adolescence. Cette révélation littéraire sera suivie de nombreuses découvertes qui forgeront sa passion pour les mots lus et interprétés.
Lorsque la maison d’édition "Mercure de France" lui propose d’écrire son portrait, Denis Podalydes regroupe les voix qui ont forgé la sienne : celles de ces proches, de ses frères, mais aussi de grands acteurs de théâtre. Ces voix ouvrent chaque chapitre et guident le lecteur dans la vie du comédien, de ses premiers pas sur scène à ceux encore plus prestigieux à la Comédie française. Ses chocs théâtraux le mènent à la carrière de comédien tandis que son frère, Bruno, se dirige vers la réalisation. A eux deux, ils signeront de belles réussites au cinéma : "Versailles rive-gauche", "dieu seul me voit", "liberté Oléron" et le "mystère de la chambre jaune". Dans voix off, le lecteur découvre une famille : les voix imaginées de grands-parents qu’il n’a pas connu, celles de ses proches, disparues ou non, qu’il aime imiter avec ses frères.
A de nombreuses reprises, Denis Podalydes évoque la voix de ses frères et l’importance qu’elles ont pu prendre dans sa vie... Il rend surtout hommage à sa famille du théâtre : les acteurs qui l’ont précédé sur les planches et ceux qui continuent à exercer leurs talents. Durant ces chapitres, voix off évoque son premier livre, "Scènes de la vie d’un acteur". Les deux livres sous le bras, Denis Podalydes a récemment fait une lecture de ces textes au théâtre de l’Odéon. Durant le temps de la lecture, l’acteur a su faire revivre Jean-Louis Barrault, Jean Vilar ou Gérard Philippe et a déclaré sa passion pour un métier qu’il juge pourtant ordinaire. Dans la salle, j’ai pu, avec tant d’autres, goûter au plaisir d’une lecture partagée, à livre ouvert...
28 février 2009
Après la pluie (de Manchester), le beau temps (de Miami) !
Il fut un temps où la ville de Manchester n’était pas seulement unie derrière une équipe de football, mais également derrière un groupe de pop, les "Smiths". A la tête de ce groupe, le chanteur Morrissey et le guitariste Johnny Marr, un duo passionnant à la Lennon-McCartney : le premier écrit et chante magnifiquement des paroles brillantes, le second met en musique les états d’âme de son comparse. Après quelques albums dont les magnifiques "Meat is murder", "The Queen is dead" et "Strangeways, here we come", l’harmonie s’écroule... en même temps que le moral des fans qui vivent la séparation dans la douleur.
A partir de 1988, commence la discographie solo de Morrissey et avec elle les éternels regrets des fans de la première heure qui jugent chaque nouvelle création du chanteur à l’aune des albums des smiths. Pas une mince affaire d’atteindre ce niveau d’excellence, la déception est souvent de mise, la mauvaise foi aussi. Dernier exemple en date, le désamour des Inrockuptibles suite à la parution du dernier album "Years of refusal". Sur l’air de "Nous nous sommes tant aimés"et "comment te dire adieu", les soutiens de la première heure sont déçus par les changements physiques et artistiques du chanteur.
Sous la pluie de Manchester, Morrissey et son corps malingre et blanc chantait avec sensibilité sur des musiques délicates. Aujourd’hui, sous le soleil de Miami, Morrissey et son corps de culturiste bronzé chante avec sensibilité sur des musiques brutales. Quelle révolution ! Quel scandale !
Pourtant, jamais la voix de Morrissey ne paraît aussi belle qu’en compagnie de guitares et batteries furieuses. Tout est question de contraste. Morrissey souffle le chaud et le froid, le doux et le brutal, la pop et le rock, le glam et le rockabilly, la tristesse et l’énergie. De quoi froisser la sensibilité de ceux, nombreux, qui pleurent les "smiths" et regrettent que l’histoire ne se soit pas terminée sur le dernier chef d’oeuvre en date, "Vauxhall and I" (1994).
Oublions tout ça et écoutons les grandes réussites de cet album : "when i last spoke to carol" aux rythmes latinos endiablés (à noter que Morrissey est une grande star dans les pays hispanophones. Il est aussi un grand opportuniste...) et le premier single "i’m throwing my arms around Paris" en vidéo ci-dessous.
Morrissey est souvent considéré comme l’une des dernières icônes rock, "the last of the international playboys"... Ce titre vaut bien un bon rock !
04 février 2009
"life is life (la-la la-lala)"
Je suis un garçon obéissant et qui aime relever les défis. On me demande une playlist, je m'y mets avec entrain. Je ressors mon arme de séduction massive (le poulet) pour un hommage appuyé au grand David Bowie de "Low" et je trifouille mon ipod pour en extraire les pépites qui répondent au sujet ci-dessous :
Devoir sur blog : "donner à un moment de sa vie une chanson, en imaginant qu'il s'agit d'un film".
Clap de début !
Sur fond noir, en lettre blanche
"Allumer l'écran merveilleux, entrez dans le rêve" (Manset)
puis
...
- Générique : Speed of life (David Bowie)
- Naissance : beginning to see the light (Velvet Underground)
- Le réveil : Good morning good morning (The Beatles)
- Un jour normal : Another day (Paul McCartney)
- La ville : Milan, Madrid, Chicago, Paris (Jay Jay Johansson)
- Printemps : Ce matin là (Air)
- Eté : Roche (Sébastien tellier)
- Automne : Automn rain (Day One)
- Hiver : Aurora (Bjork)
- Tomber amoureux : Sentiment nouveau (Jean-Louis Murat) (pas sur deezer, donc ici)
- être amoureux : Les jours heureux (Yann Tiersen)
- Se marier : Be my wife (David Bowie)
- Jalousie : Un homme heureux (William Sheller)
- Se quitter : Makes me wanna die (Tricky)
- Se réconcilier : A girl like you (Edwin Collins)
- Une longue nuit seul : The sad song (Fredo Viola)
- Cassure : Windowlicker (Aphex Twin)
- Pétage de plomb : I wanna be your dog (The Stooges)
- En conduisant : No cars go (Arcade fire)
- Sur la plage : The lazy Sunbathers (Morrissey) (introuvable en ligne, désolé...)
- Une pensée profonde : Some girls are biggers than others (The Smiths)pas sur deezer, donc ici
- Tout va mieux : Ah que la ville est belle (Brigitte Fontaine)
- Crépuscule : Farmer in the city (Scott Walker)
- la nuit : The killing moon (Echo and the Bunnymen)
- A l'aube : 5:55 (Charlotte Gainsbourg)
- Danse : Astounded (Bran Van 3000)
- Retomber en enfance : Magic Dance (David Bowie)
- Regrets : Caroline no (Beach boys)
- Espoir : Hope there's someone (Antony and the Johnsons)
- Mélancolie : by this river (Brian Eno)
- Nostalgie : India song (Jeanne Moreau)(pas sur deezer, donc ici)
- La mort : My death (Scott walker)
- Générique de fin : Requiem I. Introït et Kyrie (Gabriel Fauré)
Clap de fin
Découvrez David Bowie!
24 janvier 2009
Une Caïpi à la main
"Ce
n’est pas impunément qu’on erre sous les palmiers, et les idées
changent nécessairement dans un pays où les éléphants et les tigres
sont chez eux"
Ainsi parlait Goethe. Et c’est en tirant de cette citation le titre de
son roman que Jean-Marie Blas de Roblès, archéologue et grand voyageur,
nous invite à tourner les premières pages de son roman impressionnant.
Impressionnant ? Oui, d’un point de vue quantitatif (800 pages au prime abord intimidantes et très efficaces pour muscler les avant-bras...) mais surtout pour la nature même de ce roman fleuve invitant tout bonnement à un drôle de voyage dans l’Histoire et dans le Brésil contemporain. L’auteur mêle habilement plusieurs histoires : Eléazard von Wogau, correspondant de presse dans la ville d’Alcâtara, au fin fond du Nordeste brésilien, reçoit un manuscrit constituant la biographie d’Athanase Kircher, un illustre jésuite de l’époque baroque, inventeur péremptoire et spécialiste en tout. La fille d’Eléazard, Noéma, est à la dérive dans une autre ville du Brésil. Son ex-femme, géologue, part en expédition au fin fond de l’Amazonie. Au même moment, dans les favelas, Nelson, un garçon infirme a soif de vengeance...
Comme dans un film de Robert Altman ("Short cuts" notamment), les personnages vivent leur histoire indépendamment des autres, jusqu’à l’indispensable croisement des destins, convoquant chacun dans les dernières pages du roman.
Chaque début de chapitre s’ouvre sur le formidable et pittoresque récit de la vie d’un homme singulier, un jésuite du XVIème siècle, érudit de son temps dont les théories ont cruellement perdu de leur intérêt de nos jours. Jean-Marie Blas de Roblès emprunte alors la vie d’un homme ayant bel et bien existé et la romance avec un style bien moins contemporain que celui utilisé dans le reste du livre.
Roman d’aventure où la cachaça coule à flot, "là où les tigres sont chez eux" est une expérience littéraire qui tient en haleine. Débordant d’imagination, Jean-Marie Blas de Roblès signe un récit à plusieurs voix, un roman à plusieurs entrées qui saura ravir les lecteurs aventuriers.
Ce roman a remporté le prix Médicis, le prix fnac et le prix Jean Giono. Ci-dessous, une vidéo de l’auteur présentant son livre.
18 janvier 2009
WANTED
"URGENT, Dafné a perdu son doudou (rue Mouffetard). Merci de nous contacter au... ". Les pauvres... doudou et Dafné, réunis dans la même tristesse, désunis dans la même rue (mouffetard). L'urgence est là. L'avis de recherche est lancé par des parents en pleine désolation. Dafné a perdu son compagnon. J'entends les cris. Les parents s'organisent , retrouvent une photo du disparu, impriment en couleur (le mauve est essentiel pour reconnaître le dit doudou)et collent des affiches. Ici ,sur les murs d'une librairie. Je diffuse. J'ai le numéro (me contacter si...). Je pense connaître le coupable :
WANTED 
Il a encore frappé ce fumier !
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Pour ceux qui pleurent leur doudou fugueur :













