ARNOlog

Journal peu intime...

07 novembre 2009

Petit "Thriller" entre amis

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Les repas entre amis ne laissent pas toujours les convives indemnes. La table joliment dressée et la délicatesse des mets n’empêchent pas les mots de trop de survenir au détour d’une phrase. La discorde peut même s’installer pour une histoire de saumon qu’on ose déguster sans la salade qui l’accompagne. Voici le premier pas de cette histoire : la fourchette de Lafayette, un journaliste, esquive le "vert" au profit du "saumon". Son hôte, Norman, professeur d’économie, n’en croit pas ses yeux. La femme de Norman, Suzanne et le doyen de l’université, Loch, ne prennent pas partie jusqu’au moment où l’accusation tombe des lèvres de Lafayette : Norman aurait volé le portefeuille d’un sans-abri. Stupeurs, tremblement des couverts, envolée vocale ! Les mots sont vils et bas. C’est Norman qui le pense. Lui, le premier narrateur de ce roman où on se coupe volontiers la parole. Suivront de nombreuses péripéties, souvent très drôles, des notes en bas de page économiques, des meurtres (?), des considérations sexuelles du meilleur cru et surtout de l’absurde érigé en grand art.

 

Iegor Gran, nous invite donc dans la tête de ces américains de la haute société, de l’intelligentsia qui se trompe, qui se cherche, qui se révèle dans toute sa bassesse, oubliant à l’occasion tous les beaux discours humanistes échangés dans les dîners en ville . Un peu David Lodge, un peu satiriste, l’auteur ficèle son histoire avec talent, avec un sens du rythme qui fait de lui un digne représentant de la littérature anglo-saxonne.... Anglo-saxonne ? C’est en cherchant le nom du digne traducteur que la découverte est la plus belle. Iegor Gran est français !

 

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14 septembre 2009

Pas que la piscine dans la vie !

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"La rentrée sera dynamique, enlevée et sportive". Oui, motivons-nous dès maintenant. Je suis déjà sur les starting-blocks et la tête sous l'eau très régulièrement. Voici des DVD, des romans, des BD, des chansons et des albums qui à défaut de vous muscler, vous proposeront de découvrir des activités sportives dans une chaise longue ou un fauteuil...


Commençons en musique...


 

Outre les hymnes interprétés avant les manifestations sportives et les chansons composées pour les jeux olympiques (souvenons-nous de "Barcelona" par Freddie Mercury et Montserrat Caballé), de nombreux chanteurs ont exprimé leur passion ou intérêt pour le sport dans leurs chansons. Quelques exemples : Dans l’avant dernier album d’Alain Bashung, "l’imprudence", Marie-José Pérec et sa "foulée" ont inspiré le chanteur ("Elle avait le miracle facile/La victoire au bout des cils/Dans la foulée elle a balayé/Et la houle et les huées/Dans la foulée). Miossec joue les "losers" du sport sur "Evoluer en 3ème division" (le football sur l’album "Boire" : "Mais je ne suis qu’un bon cheval/Ou un gros bourrin, tu as le choix/Un arrière droit assez brutal/Evoluant en D3/Qui sent la bière et l’animal/les tacles et la mauvaise foi/Mais pour les coups de pied aux étoiles/Oh pour ça je suis le roi"), et sur "criterium" (le cyclisme sur l’album "Baiser" : "J’aimerais tant m’échapper du peloton/Aspirer quelques secondes d’éternité/Je m’en remplirais plein les poumons/Et dans ton corps les soufflerais/Mais je n’ai jamais connu la gloire/N’étant qu’un vulgaire passeur de bidons").

 

Tous les thèmes sont possibles : La Mano negra et Mickey 3D ont rendu de vibrants hommages aux gloires du football passées : respectivement Diego Maradona et Johnny Rep. Quelques années plus tard, Sébastien Tellier compose un titre en hommage au short en mousse des gymnastes, le très electro "sexual sportswear". Vincent Delerm utilise "la natation synchronisée" comme image pour parler des liens qui peuvent nous unir. Et très bientôt, le groupe "The Duckworth Lewis Method", le groupe formé par le leader de "The Divine Comedy", Neil Hannon et Thomas Walsh proposera un album autour d"un sport ... Le cricket ! Etonnant, non ? Et puis, pour finir, un bon entraînement passe par la musique de "Rocky", non ?

 

Découvrez la playlist sport avec Montserrat Caballé ;Freddie Mercury




Poursuivons au cinéma


Alfred Hitchcock était-il sportif ? Il est possible d’émettre quelques légers doutes mais néanmoins son œuvre compte un film où le tennis est mis à l’honneur : une des dernières scènes de "l’inconnu du nord express" voit une confrontation nerveuse et maitrisée sur un terrain de tennis. De nombreuses décennies plus tard, Woody Allen a l’audace de jouer à pile ou face avec les destins de ses personnages : une balle de tennis tombe soit d’un côté du filet soit de l’autre. Même en matière sportive, la chance a toute sa place...
 

Et au bord de la piscine qu’en est-il ? Beaucoup de sens troublés, peu de natation. Avec Romy Shneider et Alain Delon dans "la Piscine" (de Jacques Deray), avec Ludivine Sagnier et Charlotte Rampling dans "Swimming pool" (de François Ozon). Peu de bonnet, peu de crawl, pas de pinces-nez, mais beaucoup de désirs.

 

La boxe a également été abondamment illustrée par le cinéma. Outre le grand Rocky Balboa, étalon italien, personnifié par Sylvester Stallone, Robert de Niro a pris du poids afin de jouer Jack La Motta dans "Raging Bull" de Martin Scorcese. Clint Eastwood scelle une alliance étonnante entre uppercuts et larmes dans "Million dollar baby".


Les paniers ne sont pas en reste : "les blancs ne savent pas sauter" selon Ron Shelton. Woody Harrelson lui donne tort... Et le football ? Citons "Ballon d’or" de Cheik Doukouré, l’histoire d’une jeune africain devenant une star du football mondial. Le cinéma anglais avant de s’attaquer à Eric Cantona (Ken Loach) s’amuse dans "Joue-la comme Beckham"de Gurinder Chadha. Le football est aussi féminin, il ne faut pas l’oublier. Pour finir, deux grandes figures du cinéma américain contemporain : George Clooney, le coach vieillissant d’une équipe de football américain dans "jeux de dupes" et Dustin Hoffmann et sa course au coeur de Manhattan dans "Marathon Man". Au cœur de l’intrigue ou non, le sport fait toujours les beaux jours du cinéma (anglo-saxon surtout).


Le sport en bulles


Le sport est aussi un sujet très exploité en BD. C’est particulièrement le cas au pays du soleil levant où les mangakas se font une spécialité de ses intrigues lycéennes et amoureuses sur fond d’activité sportive. La passion des adolescents pour le sport est prétexte à de longues scènes d’affrontements entre équipes adverses : Olive et Tom de Yoichi Takahashi (le football), Real de Inoue Takehiko (le basket), Marmalade Boy de Wataru Yoshizumi (le tennis), Ping-pong de Matsumoto Taiyou... Adachi est le champion du genre : base ball (Touch et H2), Boxe (Katsu) et Natation (Rough). Un triathlon nippon d’un nouveau genre... Évoquons également la place des arts martiaux, non négligeable... La bande dessinée européenne est moins forte sur ce créneau. Notons la réussite de Bastien Vivès, "le goût du chlore" et le succès de la série "Foot 2 rue"(Mariolle/Cardona) et la maison d’édition "Bamboo" qui après la série "les profs" s’est attaquée aux rugbymen. Et comment oublier "Asterix aux jeux olympiques" ?
 

 


Dès le plus jeune âge...


Les albums jeunesse sont de très bonnes initiations au monde du sport. Deux exemples récents où la natation est mise à l’honneur : "Poule mouillée" d’Emile Jadoul (Edouard et son papa vont à la piscine. Edouard grimpe sur le tremplin et PLOUF ! Il plonge. "A toi, Papa !" crie Edouard. Mais Papa hésite, hésite, hésite…Serait-il une poule mouillée ?) et "la fée coquillette et le croco-baigneur" de Benjamin Chaud et Didier Levy. Adultes et enfants peuvent avoir peur de l’eau et il est toujours temps d’apprendre... "Tommy joue au foot" de Rotraut-Susanne Berner est un formidable manuel pour enfin comprendre les règles du foot. Parmi la nombreuse production sur le sujet, notons les excellents "Mohamed Ali, champion du monde" de Jonah Winter Jo et François Roca (sur la vie du grand champion de boxe), "En pleine lucarne" de Philippe Delerm (un court roman sur l’amitié entre deux jeunes footballeurs et un plaidoyer contre l’intolérance...).


Des romans sportifs


Commençons par la nouvelle réussite de l’auteur japonais, Haruki Murakami, "Autoportrait de l’auteur en coureur de fond". Voici le récit d’une passion curative, celle d’un auteur marathonien qui court autant qu’il écrit, qui se dépasse et parle pour la première fois à la première personne du singulier. Tout sportif cherchant à se dépasser se sentira en terrain familier. Même si ce roman (?) n’atteint pas les hauteurs de ces créations antérieures, il est certain que peu de livres reflètent aussi bien l’acte sportif... "La solitude du coureur de fond" de Alan Sillitoe évoque quant à lui la course rêveuse d’un prisonnier qui s’échappe par l’esprit du centre de détention dans lequel il est placé.
 

Autre style, celui du "so british" Nick Hornby qui après la passion musicale de "haute fidélité" s’est attaché dans "carton jaune" à révéler aux yeux des lecteurs l’amour éperdu d’un homme pour le football : "Je suis tombé amoureux du football, comme plus tard je m’éprendrai des femmes, d’une manière soudaine, mystérieuse, aveugle, sans me soucier des chagrins et désordres que cette passion m’apporterait. En mai 1968, je venais d’avoir onze ans, et la passion s’était emparée de moi par surprise". Peter Handke, pour sa part, expose les conséquences de l’échec d’un gardien de but dans "l’angoisse du gardien de but au moment du penalty"... Le début d’une errance suivie d’un crime.

Dans un des textes les plus autobiographiques de George Perec, "W ou le souvenir d’enfance", l’île de W dont il est question est dédiée au sport exaltant des règles humiliantes. Le sport se reflète dans l’humiliation et l’animalité des athlètes...


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VOICI le Roi !

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Dans les allées du jardin de Versailles, derrière les alcôves de feuilles, les amours du Roi se vivaient à l’abri des regards de la cour, trop occupée elle-même à scruter ses propres relations intimes...

La loi du secret n’était bien entendu que de courte durée. Tout se chuchotait, tout se savait. Des siècles plus tard, un jardinier peu scrupuleux allait même lever le voile sur les amours des rois, reines, concubines, promises, favorites, valets et autres laquais, faux dévots et dames de compagnie.  
 

A travers les siècles, de la création du château à son déclin, Alain Baraton, le jardinier de Versailles, s’est lancé à la recherche des secrets intimes des monarques, dévoilant les épisodes les plus intimes. L’auteur invite le lecteur à regarder par le trou de la serrure. Oui, le lecteur saura tout sur les penchants de la cour, ses parades amoureuses, ses codes... Derrière l’éventail, les œillades s’échangent. Derrière la poudre, les joues rosissent. L’émoi est éphémère. Les unions scandent la vie de la cour où l’ennui n’est pas de mise. Dans ce recueil de rumeurs, de petites histoires, l’auteur nous offre son regard fortement intéressé par le badinage et la bagatelle. Alain Baraton n’aime pas le rouge à lèvres, il ne porte pas dans son cœur Mme de Maintenon ("elle me rappelle ces femmes qui s’étant tout permis durant leur jeunesse, l’âge venant, se métamorphosent en prudes et séquestrent leur filles car elles savent pertinemment ce qui va leur arriver : elles l’ont déjà fait"). Plus intéressant, Alain Baraton raconte à la fin de son ouvrage les scènes d’amour qui se jouent encore anonymement à Versailles et révèle une information essentielle : les jardiniers sont des voyeurs !!!

Une lectrice (ma maman...) ayant lu ce livre avant moi m’avait prévenu : il se lit comme un bon magazine people. Je confirme, mais j’ajouterai à cet avis l’aspect très bien documenté ainsi que la plume d’Alain Baraton, très agréable...

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18 juillet 2009

Autoportrait au parapluie

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Les villes pluvieuses ont parfois la mélancolie qui leur colle au pavé. La musique est à l’instar de la météo, une très bonne représentation du climat ! Si Bristol a eu ses "Portishead" et "Massive Attack", Stockholm a vu grandir le talentueux Jay Jay Johanson, chanteur Trip-Hop et jazzy, qui au milieu des années 90 brilla avec les albums "Whiskey", "tatoo", et "Poison". Sa voix caressante et jazzy posée sur des rythmiques Hip-hop fit merveille sur ces trois albums. Après une parenthèse électro assez controversée mais dansante, Jay Jay Johanson revint avec l’album "The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known" qui m'avait déjà séduit par le retour aux sources de son art.

Aujourd’hui, Jay Jay Johanson ne va pas très bien. C’est certain. Sa musique est imprégnée de tragique. La barbe drue, les cheveux longs, Jay Jay Johanson s’éveille d’un mauvais cauchemar sur la pochette de son disque. Dès les premières notes, nous plongeons dans une œuvre intime, dominée par le piano et une atmosphère électro qui reste en fond sonore et ne cache et gâche jamais la voix mise à nue du chanteur. Par ces chaleurs estivales, rien ne vaut un petit rafraîchissement pour se glacer le sang et se rappeler que la vie n’est pas toujours rose au soleil, mais aussi morose sous la pluie.

Trahison, solitude, jalousie, violence... sont les mamelles de ce disque. Mais que cela ne vous effraie pas. Ce disque est un petit bijou de subtilité, de retenue, à écouter quand la vie vous sourit !

Si ce n’est pas le cas, mieux vaut passer votre chemin...

 

En vidéo, ci-dessous, les deux premiers singles de ce nouvel album. "Lightning strikes" et "wonder wonders".

 

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17 juillet 2009

Une vestale lascive

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Première moitié du XIX ème siècle, une femme tenait salon à Paris, s’entourait d’hommes de lettres et d’arts, inspirait la mode, faisait et défaisait les usages de la haute société... Posant sur un fauteuil "Récamier" devant les peintres, elle devint muse et mécène. Sa beauté éternellement fixée de vestale la rendit célèbre. Cette femme, Juliette Récamier, a ainsi marqué du sceau de sa modernité la période s’étendant du Directoire à la Monarchie de Juillet.

Mariée chastement à son père naturel ; lien familial qu’elle découvrit plus tard, Juliette Récamier fut une des premières femmes à adopter ce style vestimentaire grec et ce mobilier étrusque. Sa beauté lui ouvrit de nombreuses portes et lui permit de tenir un salon et de se rapprocher ensuite de personnalités influentes. Parmi elles, Madame de Stael, Chateaubriand, David... Son salon eut vite des velléités politiques de résistance à l’Empire. Ce qui entraîna de fréquentes délocalisations hors de Paris... Sa relation amoureuse avec Chateaubriand fit d’elle une muse littéraire.

Madame Récamier, David

Et aujourd’hui, une exposition au musée des Beaux Arts de Lyon et ce catalogue mettent à l’honneur cette figure étonnante et fascinante : une "Andy Warhol" sans activité artistique qui menait sa vie entourée d’artistes dont elle collectionnait les peintures et mobiliers. Elle devenait l’œuvre des artistes. Exigeante, elle manipulait son image avec dextérité. Par le soin qu’elle portait à celle-ci, elle aurait pu être adoubée par le "roi de la pop", Michael Jackson en personne... En devenant mécène, elle fut modèle, appréciant au-delà de tout les représentations qui rendaient grâce à sa beauté présente ou passée. Le travail de David fut à cet égard particulièrement détesté par Madame Récamier qui préféra le portrait que lui fit Gérard.

"Madame Récamier", Gérard

Outre cette exposition Lyonnaise, votre rencontre avec Julette Récamier est possible au Musée Carnavalet à Paris... grâce au magnifique portrait "antiquisant" de Gérard. Elle y apparaît dans toute sa langueur, légèrement courbée... Une icône du XIXème siècle, éternellement belle. Bien après sa mort, d’autres artistes continuèrent à réaliser des portraits plus ou moins réalistes de cette figure artistique qui avait le talent de son entourage et savait maîtriser son image.

Moderne, absolument moderne ?

Par Magritte

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16 juillet 2009

Le Spirou aux pinces d’or

 

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A la mort d’Hergé, tous les journaux ont associé la mort du dessinateur à celle de son héros, Tintin. Tous connaissaient la volonté de l’auteur de voir disparaître avec lui le château de Moulinsart et ses locataires. Spirou, concurrent et compatriote de Tintin, n’a pas eu la même destinée. Les auteurs se sont multipliés, reprenant en main et à la force du crayon le devenir du petit groom. Parmi ces auteurs, citons Rob-Jel, Jijé, Franquin, Fournier, Tome et Janry, Morvan et Munuera.... Chacun a contribué à créer un univers particulier, construit pierre par pierre, album après album. Récemment, les éditions Dupuis ont permis à d’autres auteurs de se lancer dans l’aventure le temps d’un "one Shot". Cette nouvelle série s’est avérée bien plus exaltante que les volumes officiels soucieux d’une chronologie et de plus en plus inspirés par l’univers des mangas.

En 2008, Emile Bravo signe, ni plus ni moins, la renaissance du petit groom. Comme dans un "Spirou begins", le dessinateur est revenu aux origines du héros, éclairant une grande partie des mystères de cette série. Spirou travaille (vraiment) comme groom dans un hôtel. Nous sommes à la veille de la seconde guerre mondiale et c’est l’heure de la rencontre avec son acolyte, Fantasio, pigiste fantasque. Sur quelques cases, l’influence de tintin est plus que perceptible. Spirou quitte même son costume rouge pour un pantalon de golf... De là à parler d’une frustration des auteurs de s’emparer de l’univers laissé orphelin par Hergé, il n’y a qu’un pas...

En 2009, les lecteurs du "journal d’un ingénu" rêvent d’une suite... Olivier Schwartz et Yann exaucent ce souhait avec "le groom vert-de-gris" qui reprend les aventures de Spirou et Fantasio sous l’occupation aux prises avec les nazis. Les temps ont changé, l’hôtel de Spirou est le siège des nazis. Le rouge de son costume est même devenu vert-de-gris... Même si l’histoire est un peu plus faible que celle d’Emile Bravo, le lecteur se laisse agréablement embarquer dans ces aventures enlevées qui citent régulièrement en guest-stars les personnages croisés chez Tintin, voire des inventions du professeur Tournesol et même un débat sur le passé d’Hergé : "Tintin, rayon de soleil ou propagande nazie ?".

Si Emile Bravo misait sur de petits clins d’oeil, Schwartz et Yann nous invitent à un véritable jeu de piste, convoquant indifféremment les précédentes aventures de Spirou et celles de Tintin... Les initiés sont surtout les bienvenus !

Faisons un rêve de bédéphile : Joan Sfar, Manu Larcenet... Attaquez Spirou et gardez des forces pour Tintin (on ne sait jamais...)


 

Ps:

A noter que Lewis Trondheim avait en douce et l’air de rien signé un Spirou... "l’accélérateur atomique". Lapinot portait très bien le costume de groom.

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01 juin 2009

51201 - 1 = 51200 habitants

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Revoir Twin Peaks et frémir : une bien étrange madeleine pour ceux qui ont expérimenté cette série au début des années 90. En ces temps où le Biactol faisait fureur (je parle pour moi, bien sûr...), l’attente d’un épisode à l’autre était fébrile. Il fallait s’armer de patience, tromper la vigilance des parents, capturer la télécommande, voire les convertir aux douces folies de cette série. Le lendemain, des réunions de "Twin Peaks-maniaques" s’improvisaient ici et là aux quatre coins de mon collège. Petit extrait de ses conversations passionnantes :

Moi : - "Bonjour, je m’appelle Arnaud et je n’ai manqué aucun épisode "

Les autres : -" Bonjour Arnaud" (en choeur), connais-tu le mot de passe pour intégrer notre groupe ?

Moi : "oui,  les hiboux ne sont pas ceux que l’on pense !"

Les autres : "Tu es des nôtres"

Moi : "Merci, oh merci, vous ne le regretterez pas,  je pense savoir qui a tué Laura Palmer... "

 

 

Aujourd’hui encore, j’éprouve une certaine fierté à avoir tout (et vraiment tout) suivi. Et puis, malgré tout, une petite honte d’être tombé dans le piège des objets dérivés : les livres "le journal secret de Laura Palmer" et "L’autobiographie de l’agent très spécial Dale Cooper, ma vie, mes enregistrements"... Cultes et ridicules ! Mais l’adolescence est un moment si merveilleux que vous saurez m’excuser...

Reprenons la trame de cette série : un meurtre a lieu dans la petite ville de Twin Peaks non loin de la frontière avec le Canada. La mort de Laura Palmer, en apparence une fille bien sous tout rapport, remue toute la communauté déjà bien atteinte par un éventail impressionnant de troubles psychiques...

Arrive l’agent du FBI, Dale Cooper, costume noir, cheveux noirs gominés, adepte (comme David Lynch) de méditation transcendantale, de tarte à la cerise et de café noir brûlant (comme moi). Il découvre un microcosme étrange et tout comme lui, on en viendrait presque à oublier de se poser la question pourtant essentielle : "qui a donc tué Laura Palmer et pourquoi ?".

Deux saisons ont été diffusées avant qu’un déclin d’audience mette à mal la survie de la série. David Lynch retourna à Twin Peaks pour le film "Fire walk with me" révélant les derniers jours de Laura Palmer.

Et maintenant, que dire en regardant cette série ? Elle a un tout petit peu vieilli (ou moi, tout compte fait...). Mais, au bout de quelques épisodes, on se laisse facilement reprendre par la folie des personnages... le suspens en moins. Retrouver Kyle MacLachlan dans un rôle différent de celui qu’il endosse actuellement pour "Desperate Housewives", des acteurs ayant joué dans "West Side Story" et surtout la touche de David Lynch, diablement décalée, inventive, en un mot géniale...

Il ne tient qu’à vous d’entrer dans le groupe des initiés... Rappel, "les hiboux ne sont pas ceux que l’on pense" (c’est le mot de passe).

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23 mai 2009

Un Immortel LIGHT

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En intitulant son dernier album "la musique", Dominique A s’est-il décidé à ériger un manuel définitif (et pour les nuls...) de la bonne composition de chansons françaises ou la sobriété du titre reflète-t-elle un retour vers une musique plus directe et légère ?

A l’écoute de ce disque, la première impression est celle d’un retour aux sources : Comme son tout premier album "la fossette", "la musique" a été composée et en grande partie enregistrée à la maison, dominique A jouant de la plupart des instruments. Effet "madeleine" assuré qui nécessite un petit retour en arrière... En 1992, de nombreux auditeurs découvrent de petites chansons enregistrées de façon confidentielle et en cachette entre le lit et le bureau, un univers singulier où l’on chante avec minimalisme "vivement dimanche que je mette mon chapeau", où dans lequel "le courage des oiseaux" est loué à coup de rythmes en boîte gonflés au bontempi. Se rangeant de la pop minimaliste, il poursuivra sa carrière avec SON tube "le twenty two bar", des albums moins accessibles et de magnifiques collaborations avec d’autres musiciens (Yann Tiersen notamment...).


 

Après de nombreux tours et détours artistiques, voici le retour de la pop, du minimalisme, le temps d’une musique plus directe. Du "Dominique A" qui s’allège en retrouvant son goût pour la new wave et la pop de OMD. Les sons sont légers, mais le propos toujours grave. Dès les premières notes synthétiques, Dominique A nous chante avec sensibilité qu’il a tout essayé, qu’il n’a pas trouvé le sens, qu’il a cherché dans la rue, qu’il a aimé... Il est même désolé. Le sens n’a pas été trouvé...

Ensuite, merveille des merveilles, dominique A interprète une chanson qu’il avait à l’origine composée à l’intention d’Alain Bashung pour "Bleu pétrole", "Immortels". Lourde de sens, Dominique A semble maintenant s’adresser à son ainé récemment disparu : "Je ne t’ai jamais dit, mais nous sommes immortels [...] Et toi qui n’es plus là, c’est comme si tu étais plus immortel que moi, mais je te suis de près...".

 

Dominique A part ensuite pour "Nanortalik" (ou n’importe où), en d’autres terres... "Evasion" pour embrasser d’autres musiques...

 

D’autres musiques ? Parlons-en avec "hasta que el cuerpo aguante", du pur Dominique A qui tournoie à l’espagnole et qui prend aux tripes. "La musique" l’entraîne ensuite dans l’ancienne Egypte avant de lui faire entendre le "bruit blanc de l’été". Oui, la "musique" est aussi un album de saison...

Pour finir, Dominique A s’essaie avec succès à la chanson sensuelle avec cet "hôtel congress" où il fait 110 ° fahrenheit (43 ° celsus... chaud, très chaud) et où une américaine s’occupe à... (... vous de l’écouter). Et au final, "dans la lueur du soir, [vous aurez vu] la fin d’un monde"... Que demander de plus ?

Vous l’aurez compris, cet album est, à mon sens, une vraie réussite. Je vous en laisse juge avec cet extrait ci-dessous.


"Et en attendant plus tard, occupez-vous des prochaines secondes ! "


 

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18 avril 2009

Sa plus belle histoire d’amour, c’est NOUS

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Pour brosser une nouvelle fois le portrait de nos petites séductions et autres relations intimes, Bastien Vives a choisi de nous crayonner en couleurs sur deux Bandes dessinées : "Dans mes yeux" et "la boucherie". L’abandon de la palette graphique et des fonds aquatiques du "goût du chlore" offre à son auteur l’occasion de renouveler son style en lui donnant l’apparence de la simplicité... L’apparence, seulement ; l’habileté du trait répondant parfaitement à la justesse du propos.

Bastien Vives connaît les désirs, les attentes, les failles, les petites faiblesses, les grandes joies, les moments suspendus des premiers instants amoureux, l’alchimie d’une rencontre, les regards échangés, les silences lourds de sens, cette voltige des sens et le doute...

En fin observateur de la chose amoureuse, Bastien Vives guette en deux temps les gestes qui font et défont l’amour.

Premier mouvement : "Dans mes yeux"

Voici une aventure dont vous êtes le héros. Vous voilà dans une bibliothèque universitaire en face d’ une jeune fille que vous observez avec intensité jusqu’à ce qu’elle lève les yeux de son livre... C’est bien vous qui la regardez. A l’instar de la caméra subjective du film "la femme défendue" de Philippe Harel, le crayon fait de vous un héros moderne et conquérant. Un héros muet dont on devine les paroles. De fil en aiguilles, des liens se nouent entre cette jeune fille et vous. La suite est évidemment à lire et à vivre. Un sentiment de déjà vécu peut s’insinuer dans les pages, vous faire même sourire et pourquoi pas vous émouvoir.

 

Second mouvement : "la boucherie"

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... ou quand les ennuis commencent. Bastien Vives n’a pas oublié non plus les lendemains qui déchantent, les sanglots nocturnes inexpliqués, les mots qui manquent quand "tout est dit" et "les jeux sont faits". Dans la boucherie, le personnage masculin apparaît, les méprises aussi. Entre deux scènes du quotidien, des moments atypiques illustrent le déclin : saut en parachute dangereux, violence injustifiée... On se renvoie même la balle lors d’une partie de Ping Pong ! Cette "boucherie"est aussi un ballet des corps et des sentiments.

 

En deux mouvements, Bastien Vives vous fait entrer dans cette petite musique des sentiments et nous rappelle son universalité. C’est rare et plutôt beau.

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14 avril 2009

"CLAK!"

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Collées, séchées, pressées entre les pages quadrillées d’un cahier, les plantes vivent encore de nos jours une persécution quotidienne et banalisée. Motivés par d’obscurs impératifs scolaires, les enfants arrachent les feuilles de leur environnement pour constituer un herbier. un recueil de pages où les plantes se cachent pour mourir, rien de moins !

Visiblement traumatisé, Jul, dessinateur de presse et de Bandes dessinées sensibilise les jeunes générations en signant cet "herbier impitoyable" aux éditions Charlie Hebdo Junior. Avec Jul, faisons un rêve : et si un livre pouvait nous débarrasser des importuns...

Il est facile de collectionner les ennuis quand on est un élève d’école primaire nanti d’une belle-mère vociférante, d’un ami à quatre pattes montrant les crocs, du "grand fred" racketteur et d’une maîtresse d’école tyrannique. Il serait tellement plus réjouissant de collectionner dans un herbier ceux qui nous pourrissent l’existence... Et voilà qu’un beau jour, Simon (car c’est de lui dont il s’agit) découvre échoué sur le bitume, "l’herbier qui tue". En l’ouvrant, un mode d’emploi le met au parfum :

"Cet herbier magique vous permet de collectionner non pas des fleurs ou des feuilles que l’on fait sécher entre les pages, mais des gens bien réels. Il vous suffit de penser à une personne, et de refermer avec force le livre : la voilà piégée !"

 

Très librement inspiré du manga "Death Note" de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, cet "herbier impitoyable" défoule et réjouit le lecteur. Violent, vous avez dit violent ?... Oui, certes, mais avec l’humour qui caractérise Jul (il faut d’ailleurs à tout prix lire "Il faut tuer José Bové", "la croisade s’amuse" et le "guide du moutard"). Cette fois-ci, Jul s’attaque au jeune public sans mâcher ses mots et sans restreindre sa plume... En témoignent ces portraits éclatés, aplatis, en un mot "cubistes" des victimes de ce fabuleux herbier...

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