vaccinatie

A défaut de se perdre dans le triangle des "prunus", il est des chemins qui mènent à la connaissance de soi et de son charmant petit. Cette route conduit une fois par mois devant la porte de Madame la pédiatre; personnage magique et je m'explique.

Imitant à la perfection le bruit délicat des sabots chevalins sur une route pavée de bonnes intentions, elle réussit à mettre le petit Victor en sourdine durant quelques instants. Le mettant tout nu et le piquant avec son aiguille, elle réussit à augmenter la puissance de feu sonore du petit. La pédiatre sait comme personne mixer la voix des bébés. Chapeau bas, l'Artiste ! "Treat me, I'm famous" ! 

La magie a ses mystères et doit se préserver et ménager un suspens; d'où le temps d'attente dans la salle des pas et couches perdus. La petite demi-heure est parfois nécessaire pour se préparer à cet instant si merveilleux. Au début tout va bien. L'heure de la sieste est oubliée par le petit qui ne pense qu'à baver sur le canapé rouge. Le papa, lui, stresse un peu en songeant à la petite pommade anesthésiante qu'il a étouffée sous un sparadrap transparent et dont l'efficacité ne dure malheureusement pas. "Docteur, le patient se réveille, il va pleurer, virons l'anesthésiste". En attendant, le petit fait les yeux doux à la dame qui n'attend plus une visite chez le pédiatre depuis bien longtemps mais qui  a son avis sur les questions d'éducation : "voyez-vous monsieur, faut pas s'étonner si les enfants deviennent des ados alcooliques si on les envoie dans les crèches et qu'on les abandonne ainsi. il est mignon votre petit. C'est rigolo de voir un papa accompagner son enfant chez le pédiatre... Il n'ira pas à la crèche au moins ?"

Si...

 

Ah.

......

Au bout de quelques minutes de discussion, le papa fait mine de faire régurgiter son fils pour éviter la suite de la conversation. Il se trouve que le petit est coopératif et sacrifie la deuxième marinière du papa à la mode. Merci pour cet instant magique. La demi-heure s'écoule lentement ensuite. Le petit frétille à l'idée de l'imitation chevaline et demande régulièrement à son papa et à sa marinière de se lever pour lui faire voir du pays. Le papa, quant à lui, sait que son anesthésie n'a plus de beaux jours devant elle. A ce moment là, le bébé précédent quitte le cabinet médical avec son cortège de cris. Lui aussi a eu droit à sa petite piqûre, le veinard. "Tout nu dans sa couche qui lui servait de pagne", le petit Victor est le suivant. Le papa sort la liste de questions qu'il a rédigé en réunion de parents. Les questions débutent. La pédiatre est à charge. Pas d'objection, juste des confirmations. Le papa est toujours un peu puériculteur à ses heures. Il avait deviné certaines réponses et c'est sa joie. Sur le coup de l'émotion, le petit retrouve le chemin de la marinière de son papa. Deuxième essai fructueux. Il faut évidemment éviter de changer de lait surtout quand le précédent avait fait ses preuves et avait été validé par l'estomac du petit. Les questions sont rayées les unes après les autres. Le petit est ensuite prié de s'installer sur la grande table couverte de papier pour être examiné et faire un brin de gymnastique. Après la mesure de sa tête et de sa gentille silhouette, il décide de soulager sa vessie au moment de la pesée... et de montrer ses grandes aptitudes en précision. Suite à cet événement, paraît-il traditionnel, l'heure des braves est venue. Une seringue sertie d'une aiguille est prête et s'approche. Le bras boudiné par les excès de biberon et encore anesthésié tremble un peu. Le sparadrap est enlevé et ... CRIS, PLEURS, PLAINTES...

Le bébé trouve refuge auprès de sa marinière au joli relent "gallia". La pédiatre fait le cheval. Le calme revient. Le petit est sonné, rhabillé. La descente dans l'escalier se fait dans un silence inquiétant. A la maison, les cris reprennent dans les aigus et avec intensité. Le mixage de la pédiatre a laissé quelques traces...  Quelle DJ !