14 septembre 2009
Pas que la piscine dans la vie !
"La rentrée sera dynamique, enlevée et sportive". Oui, motivons-nous dès maintenant. Je suis déjà sur les starting-blocks et la tête sous l'eau très régulièrement. Voici des DVD, des romans, des BD, des chansons et des albums qui à défaut de vous muscler, vous proposeront de découvrir des activités sportives dans une chaise longue ou un fauteuil...
Commençons en musique...
Outre les hymnes interprétés avant les manifestations sportives et les chansons composées pour les jeux olympiques (souvenons-nous de "Barcelona" par Freddie Mercury et Montserrat Caballé), de nombreux chanteurs ont exprimé leur passion ou intérêt pour le sport dans leurs chansons. Quelques exemples : Dans l’avant dernier album d’Alain Bashung, "l’imprudence", Marie-José Pérec et sa "foulée" ont inspiré le chanteur ("Elle avait le miracle facile/La victoire au bout des cils/Dans la foulée elle a balayé/Et la houle et les huées/Dans la foulée). Miossec joue les "losers" du sport sur "Evoluer en 3ème division" (le football sur l’album "Boire" : "Mais je ne suis qu’un bon cheval/Ou un gros bourrin, tu as le choix/Un arrière droit assez brutal/Evoluant en D3/Qui sent la bière et l’animal/les tacles et la mauvaise foi/Mais pour les coups de pied aux étoiles/Oh pour ça je suis le roi"), et sur "criterium" (le cyclisme sur l’album "Baiser" : "J’aimerais tant m’échapper du peloton/Aspirer quelques secondes d’éternité/Je m’en remplirais plein les poumons/Et dans ton corps les soufflerais/Mais je n’ai jamais connu la gloire/N’étant qu’un vulgaire passeur de bidons").
Tous les thèmes sont possibles : La Mano negra et Mickey 3D ont rendu de vibrants hommages aux gloires du football passées : respectivement Diego Maradona et Johnny Rep. Quelques années plus tard, Sébastien Tellier compose un titre en hommage au short en mousse des gymnastes, le très electro "sexual sportswear". Vincent Delerm utilise "la natation synchronisée" comme image pour parler des liens qui peuvent nous unir. Et très bientôt, le groupe "The Duckworth Lewis Method", le groupe formé par le leader de "The Divine Comedy", Neil Hannon et Thomas Walsh proposera un album autour d"un sport ... Le cricket ! Etonnant, non ? Et puis, pour finir, un bon entraînement passe par la musique de "Rocky", non ?
Découvrez la playlist sport avec Montserrat Caballé ;Freddie Mercury
Poursuivons au cinéma
Alfred Hitchcock était-il sportif ? Il est possible d’émettre
quelques légers doutes mais néanmoins son œuvre compte un film où le
tennis est mis à l’honneur : une des dernières scènes de "l’inconnu du
nord express" voit une confrontation nerveuse et maitrisée sur un
terrain de tennis. De nombreuses décennies plus tard, Woody Allen a
l’audace de jouer à pile ou face avec les destins de ses personnages :
une balle de tennis tombe soit d’un côté du filet soit de l’autre. Même
en matière sportive, la chance a toute sa place...
Et au bord de la piscine qu’en est-il ? Beaucoup de sens troublés, peu de natation. Avec Romy Shneider et Alain Delon dans "la Piscine" (de Jacques Deray), avec Ludivine Sagnier et Charlotte Rampling dans "Swimming pool" (de François Ozon). Peu de bonnet, peu de crawl, pas de pinces-nez, mais beaucoup de désirs.
La boxe a également été abondamment illustrée par le cinéma. Outre
le grand Rocky Balboa, étalon italien, personnifié par Sylvester
Stallone, Robert de Niro a pris du poids afin de jouer Jack La Motta
dans "Raging Bull" de Martin Scorcese. Clint Eastwood scelle une
alliance étonnante entre uppercuts et larmes dans "Million dollar
baby".
Les paniers ne sont pas en reste : "les blancs ne savent pas sauter"
selon Ron Shelton. Woody Harrelson lui donne tort... Et le football ?
Citons "Ballon d’or" de Cheik Doukouré, l’histoire d’une jeune africain
devenant une star du football mondial. Le cinéma anglais avant de
s’attaquer à Eric Cantona (Ken Loach) s’amuse dans "Joue-la comme
Beckham"de Gurinder Chadha. Le football est aussi féminin, il ne faut
pas l’oublier. Pour finir, deux grandes figures du cinéma américain
contemporain : George Clooney, le coach vieillissant d’une équipe de
football américain dans "jeux de dupes" et Dustin Hoffmann et sa course
au coeur de Manhattan dans "Marathon Man". Au cœur de l’intrigue ou
non, le sport fait toujours les beaux jours du cinéma (anglo-saxon
surtout).
Le sport en bulles
Le sport est aussi un sujet très exploité en BD. C’est
particulièrement le cas au pays du soleil levant où les mangakas se
font une spécialité de ses intrigues lycéennes et amoureuses sur fond
d’activité sportive. La passion des adolescents pour le sport est
prétexte à de longues scènes d’affrontements entre équipes adverses :
Olive et Tom de Yoichi Takahashi (le football), Real de Inoue Takehiko
(le basket), Marmalade Boy de Wataru Yoshizumi (le tennis), Ping-pong
de Matsumoto Taiyou... Adachi est le champion du genre : base ball
(Touch et H2), Boxe (Katsu) et Natation (Rough). Un triathlon nippon
d’un nouveau genre... Évoquons également la place des arts martiaux,
non négligeable... La bande dessinée européenne est moins forte sur ce
créneau. Notons la réussite de Bastien Vivès, "le goût du chlore" et le
succès de la série "Foot 2 rue"(Mariolle/Cardona) et la maison
d’édition "Bamboo" qui après la série "les profs" s’est attaquée aux
rugbymen. Et comment oublier "Asterix aux jeux olympiques" ?
Dès le plus jeune âge...
Les albums jeunesse sont de très bonnes initiations au monde du
sport. Deux exemples récents où la natation est mise à l’honneur :
"Poule mouillée" d’Emile Jadoul (Edouard et son papa vont à la piscine.
Edouard grimpe sur le tremplin et PLOUF ! Il plonge. "A toi, Papa !"
crie Edouard.
Mais Papa hésite, hésite, hésite…Serait-il une poule mouillée ?) et "la
fée coquillette et le croco-baigneur" de Benjamin Chaud et Didier Levy.
Adultes et enfants peuvent avoir peur de l’eau et il est toujours temps
d’apprendre...
"Tommy joue au foot" de Rotraut-Susanne Berner est un formidable manuel
pour enfin comprendre les règles du foot. Parmi la nombreuse production
sur le sujet, notons les excellents "Mohamed Ali, champion du monde" de
Jonah Winter Jo et François Roca (sur la vie du grand champion de
boxe), "En pleine lucarne" de Philippe Delerm (un court roman sur
l’amitié entre deux jeunes footballeurs et un plaidoyer contre
l’intolérance...).
Des romans sportifs
Commençons par la nouvelle réussite de l’auteur japonais, Haruki
Murakami, "Autoportrait de l’auteur en coureur de fond". Voici le récit
d’une passion curative, celle d’un auteur marathonien qui court autant
qu’il écrit, qui se dépasse et parle pour la première fois à la
première personne du singulier. Tout sportif cherchant à se dépasser se
sentira en terrain familier. Même si ce roman (?) n’atteint pas les
hauteurs de ces créations antérieures, il est certain que peu de livres
reflètent aussi bien l’acte sportif... "La solitude du coureur de fond"
de Alan Sillitoe évoque quant à lui la course rêveuse d’un prisonnier
qui s’échappe par l’esprit du centre de détention dans lequel il est
placé.

Autre style, celui du "so british" Nick Hornby qui après la passion musicale de "haute fidélité" s’est attaché dans "carton jaune" à révéler aux yeux des lecteurs l’amour éperdu d’un homme pour le football : "Je suis tombé amoureux du football, comme plus tard je m’éprendrai des femmes, d’une manière soudaine, mystérieuse, aveugle, sans me soucier des chagrins et désordres que cette passion m’apporterait. En mai 1968, je venais d’avoir onze ans, et la passion s’était emparée de moi par surprise". Peter Handke, pour sa part, expose les conséquences de l’échec d’un gardien de but dans "l’angoisse du gardien de but au moment du penalty"... Le début d’une errance suivie d’un crime.
Dans un des textes les plus autobiographiques de George Perec, "W ou le souvenir d’enfance", l’île de W dont il est question est dédiée au sport exaltant des règles humiliantes. Le sport se reflète dans l’humiliation et l’animalité des athlètes...

