01 septembre 2007
Routards après tout
Septième épisode et épilogue : après 10 jours de voyage, des kilomètres et des kilomètres parcourus, les chaussures usées, le look de véritables routards (avec guide intégré), nous pouvions enfin nous sentir concernés par ce magnifique panneau ! Les Ecossais pensent décidemment à tout...
Egalement, il fallait nous résoudre au retour, au délestage des dernières livres disponibles, à la dernière bière réglementaire et à l'enlèvement des quelques vêtements qui faisaient curieusement pencher la balance du comptoir "ryanair" de l'aéroport de Glasgow dans le mauvais sens. Toujours agréable d'ouvrir sa valise devant une assemblée en file indienne... : "mesdames et messieurs, ouvrez bien les yeux ! nous allons passer aux sous-vêtements !"
En relisant les précédents messages de cette saga, je me rends compte que je n'ai pas abordé la dimension linguistique de mon voyage. C'est un tort. D'autant que ce séjour m'a fait indéniablement progresser. A aucun moment, je n'ai utilisé le langage des signes !
Preuve de mes progrès : dans ce même aéroport, une serveuse anglaise subitement "éprise" d'un français passablement beurré m'a même sollicité comme interprète. Leur conversation était au fond assez basique; leurs objectifs aussi. Je m'en suis sorti avec les honneurs. Je comprends qu'Hergé ait eu pour projet de faire tout un album de Tintin dans un aéroport... C'est passionnant ce qui peut s'y passer !
Compte tenu de mes progrès fulgurants en Anglais, je me suis enfin décidé à lire le dernier Harry Potter dans le texte. Les voyages ont décidemment du bon. Et celui-ci était plutôt réussi. je suis fier.
Pour finir en beauté, je vous propose cette dernière photo que je n'ai pas réussi à caser dans un précédent épisode. Il s'agit d'un boeuf des Highlands, dont la coiffure rappelle un peu celle de Dave. Vous serez bien aimables de ne pas vous moquer. Merci !
31 août 2007
Soup of the day
Sixième épisode de la série la plus longue de ce blog : " - Vous prendrez bien une soupe, la soupe du jour ? - Considérant ce magnifique temps, ça ne se refuse pas...". Des soupes du jour pour se rendre plus perméable à la pluie, on dit oui... Aujourd'hui, la soupe à la tomate Campbells préparée avec soin par Andy Warhol pour une des plus chouettes expos de l'été Edimbourgeois. On a tout vu d'Andy Warhol : Marylin, Elisabeth Taylor, Elvis... mais l'expo est très bien scénographiée. Pas de murs blancs : des tapisseries répétant à l'infini les motifs warholiens, donnant une thématique à chacune des salles. La possibilité de jouer avec les oeuvres gonflables de Warhol : l'objectif étant de les coincer à un plafond grillagé. IM-PO-SSI-BLE !
Autre expo : "the naked portraits". Féminin, masculin, des photos de Gilbert and George, une toile de Bacon. Pas mal du tout. Cette expo explore les différentes formes du nu de 1906 à 2006. J'avais entendu parler d'une expo de ce type où le public était invité à se dévêtir (et hop, entrée gratuite !). Rassurez-vous, pas question de quitter ma tenue de randonneur !
Autre expo : "Picasso on papers". Magnifique et génial ! Pas très original comme commentaire, je sais.
Autre expo : Richard Long. Pour ceux qui ne connaissent pas, voici
Très intéressant aussi.
Ces quatre expos sont très bien réalisées, n'ont pas la folie des grandeurs des expos parisiennes. A la fin de la journée, les expos se sont avérées plus fatigantes que les ballades highlandaises. Semelles en feu, genoux flageollants... Et là, pour se reconstituer, découverte de la panse de brebis farcie ! Plat écossais que le cuisinier en kilt baptisa en anglais, Haggis. Pas léger pour un sou. Mais une très bonne expérience. Nous étions prêts pour une cinquième expo ! Trop tard, le départ est pour demain... Pour un dernier épisode.
28 août 2007
Scottish slalom
Cinquième chapitre : après quelques jours d'érémitisme, de fusion avec les éléments naturels (pluie, herbe, midges...), il était plus que temps de retourner sur le goudron et de partager un slalom géant avec des centaines d'Ecossais sur les larges trottoirs d'Edimbourg.
En plein mois d'août, cette ville est une fête : c'est le mois des festivals, la fête du livre, du théâtre, du cinéma... Une intense activité qui fait vivre un magnifique patrimoine.
A chaque coin de rue, la cornemuse combat les percussions, les kilts sont de rigueur, les comiques donnent de la voix, des performances réjouissent les passants, une femme sur un vélo ancré au sol mime une montée difficile, des chanteuses lyriques font leurs gammes sous l'oeil amusé d'un "Highlander" pour touristes.
Après le calme, la tempête.
La visite du "castle" est obligatoire (voir photo ci-dessus). Il est bien plus beau vu d'en bas, allongé sur la pelouse d'un magnifique parc (et ancien lac).
La Reine vient une fois par an à Edimbourg. Nous avons pu vister sa somptueuse demeure, "Holyrood palace", ancien château de Marie Stuart, queen of Scotts. Holyrood est l'occasion de visiter le top de la ruine romantique, les restes d'une magnifique abbaye :
Edimbourg épuise. Mais c'est une bonne fatigue... Quand la pression se faisait trop forte, nous nous rendions au festival du livre, havre de paix, installé dans un square entouré de maisons du XVIIIème. Deux grandes librairies (une adulte, l'autre jeunesse), des rencontres avec des auteurs, des lectures, et partout des tracts nous demandant notre avis sur la manifestation. Les Ecossais aiment les retours sur leurs initiatives!
Après cette pause, nous ne manquons pas les magnifiques expos. Et c'est une autre histoire !
26 août 2007
Le £och N€$$I€
Quatrième épisode : "il était une fois un pays sombre, très sombre. Dans ce pays, il y avait un loch sombre, très sombre, près de ce loch, des magasins sombres, très sombres. Dans ces magasins, des milliers de peluches vertes et parfois roses achetées par des gogos en bermuda, leur portefeuille devenait sombre, très sombre". (merci Ruth Brown!).
Tout ça pour Nessie ! Le sens du commerce n'a pas de limite. Et l'autre bestiole qui ne se montre même pas. Un caprice de star, sans doute... En attendant, le loch est somptueux, verdoyant, mais enlaidi par l'exces touristique et pécuniaire.
Au bord du loch : les ruines du "Urquhart castle" (ci-dessus) et deux expositions sur le monstre du Loch ness (bof). De retour à Inverness, nous avons découvert un formidable resto (le mustard seed), l'occasion de découvrir la cuisine écossaise moderne (délicieuse) et de goûter un vin d'Afrique du sud (un pinotage 2004, tout aussi délicieux).
Autour d'Inverness, un fort du XVIIIème, "le fort george" et une demeure magnifique, le "cawdor castle" (voir ci-dessous).
Après les rues désertes de Stirling, Ullapool et Inverness, la foule d'Edimbourg bientôt sur vos écrans !
25 août 2007
Ullapool & Cie
Troisième volet et l'une des plus belles étapes du voyage : "Ullapool", un petit port de pêche peuplé par d'irréductibles habitants (à peine plus de 1000 habitants). Des façades blanchies à la chaux en face d'un joli loch, des collines environnantes complétant le panorama. Manquent juste Christophe lambert, Sean Connery, une épée ou deux... A leur place, quelques phoques rencontrés lors d'une balade en bateau, des baleines (paraît-il) et des dauphins (aussi) et puis des bestioles fort peu recommandables qui m'ont attaqué lors d'une très belle marche : des midges. Vous contemplez l'immensité, vous dominez la montagne, avez même planté un drapeau et là, une attaque de vilains moucherons
A savoir et c'est le routard qui l'explique : "Les midges ressemblent à des moucherons (mensurations : 2 mm de long, 1,4 mm d'envergure !), version voraces, aussi gros que des grains de poivre, qui se déplacent en formation serrée avant de fondre sur leurs proies…" et leur laisser de jolis témoignages d'affection.
Voici une représentation très abstraite mais à l'échelle de cette charmante bestiole...
Si vous voulez en savoir plus, cliquez sur elle !
Après moultes gratteries et autres démangeaisons, nous avons assisté à deux concerts de musique traditionnelle écossaise dans de très sympathiques pubs. C'est décidémment formidable Ullapool. Nous pouvions même déguster du haddock au petit déjeuner ! Oui, nous pouvions.
Et les phoques me direz-vous?
Et les bateaux sur le loch?
Et les maisons au loin avec un coin de ciel bleu?
Prochain épidode, un peu plus à l'ouest...
24 août 2007
Monty Stirling
Second volet de la série "En kilt..." : aujourd'hui, Stirling, petite ville mignonette, sise aux pieds d'un "castle" (prononcez "kaâsseul") du plus bel effet. Une belle vue, une position stratégique et logique sur les terres environnantes, de vielles pierres et des touristes par centaines. Vous vous dîtes qu'en toute logique, le "castle" en question est celui pris en photo. Ce serait trop simple : il s'agit en fait du château fort de "sacré Graal" des Monty Python à quelques roues de bus de Stirling, le "Doune castle", visité sous une pluie fine (avant de devenir tropicale). Pas de lapins tueurs en vue, juste quelques touristes en K-way achetant des épées en plastique. J'ai eu peur, je l'avoue.
Nous avions eu à l'origine l'ambition de partir vers le loch Katrine. Un bus était même affrété à cet effet, sauf le mercredi. Or, nous étions mercredi... Nous avons donc pu admirer longuement ceci :
De l'herbe fluorescente ! Nous avons même pu l'admirer sans aucune substance illicite dans le sang. La pluie, dit-on, a des vertus insoupçonnées. L'une d'entre elles est de permettre à chaque écossais de pouvoir jouer au golf sur un green idyllique. Formidable, dear !
Et pendant que nous y sommes, un grand merci au magnifique coupe vent rouge à capuche qui m'a si bien protégé ce jour-là ! Décat**** est une bénédiction...
To be continued... un peu plus vers le nord.
23 août 2007
Légo à Glasgow
Premier volet de la série "En kilt sur un bateau à moteur devant une île noire : une balade en Ecosse sous un pancho de pluie, un voyage culturel, linguistique, pédestre et gastronomique, du hagis en veux-tu en voilà, de la bière aussi si t'en veux, pinte ou half pinte, larger or not?..." .
Qu'importe la longueur du titre pourvu qu'on ait l'ivresse des highlands.
1er volet donc : Glasgow, pourtant loin de l'ivresse des highlands, un patchwork architectural, un jeu de légo pour poètes urbains (voir la photo au-dessus prise au coeur du Glasgow Green, lieu de toutes les manifestations passées, présentes et futures...), des rimes à chaque coin de rue, des poubelles aussi, des rues à l'américaine : chicago sous un air de cornemuse, un san-francisco en kilt (tu montes, puis tu descends, tu remontes ensuite). On est prévenu : Glasgow n'est pas ce qu'on appelle une jolie ville. Industrielle, capitale économique de l'Ecosse, authentique, moins touristique, un véritable dynamisme culturel (musique : "Belle and Sebastian", "Franz Ferdinand"; architecture et design : "mackintosh"...). Glasgow est un bon début pour des tribulations écossaises : de beaux musées : la collection Burrel dans un très beau bâtiment entouré de pelouses d'un vert fluo, "la pollock house", magnifique demeure au charmant mobilier et des centres d'arts contemporains nombreux couplés à de très belles bibliothèques...
Le plus marquant est quand même cette architecture décomplexée croisée à chaque coin de rue :
Le moderne cohabite avec l'ancien, le fish & chip avec une bonne bière, l'art contemporain avec de vieux écrins... Un grand merci aux chaussures de marche sans lesquelles tout ça n'aurait pu être vu ...
To be continued...


















