02 décembre 2007
Aya du "relais d'Asie"
Attention lecteurs! Cette aya n’est pas Aya de Yopougon, la fameuse Ivoirienne créée par Marguerite Abouet et Clément Oubrerie. La jeune femme dont il est question ici est l’héroïne d’un nouveau manga , une jeune femme japonaise conseillère culinaire de profession qui fait et défait les réputations des restaurants. Sous la forme d’un recueil de nouvelles, ce manga suit les aventures réjouissantes de cette femme au caractère bien trempée et de son disciple qui, mi-admiratif, mi-agacé, souffre et découvre un métier sans pitié ! Cette BD dont le quatrième volume sort ces jours-ci, est aussi une fantastique immersion dans le monde gastronomique japonais et dans les coulisses des grands restaurants. Autour de plats finement cuisinés, les personnages se montrent dans toute leur fragilité.
Une faiblesse en amenant une autre, l'appétit venant en lisant, le papier c'est bien, mais mieux vaut passer à table pour se substanter : nous voici devant la porte d'un formidable restaurant franco-asiatique, exquis, savoureux, en un mot comme en plusieurs : "le relais d'Asie". Au sommet de la Montagne Sainte Geneviève, dans la rue du même nom, au 47, entrez, laissez vous tenter par le menu Umé, casser les baguettes en deux, dégustez les amuses bouches (un sushi et deux mets délicats et délicieux à base de boeuf et de crevettes), une soupe miso d'une rare saveur, puis choisissez deux demi-portions... Je me suis laissé aller à une dégustation de tempuras de champignons d'Automne accompagnés de sel au thé vert et de citron de la même couleur (extra!), puis la noix d'entrecôte grillée à la citronnelle accompagnée d'un délicieux gratin dauphinois... Le plus simple appareil et le meilleur! Puis en dessert, des tempuras de mangue et de banane. Seul bémol : le papier peint défraîchi... Mais, le resto est ancré dans un magnifique quartier à deux pas du Panthéon et de l'église Saint-Etienne du Mont. Autre bémol me chuchote-t-on, ce n'est pas donné (environ 35 € le menu). Mais la saveur a bien un prix... A noter également que le cuistot a un mini atelier d'horlogerie à l'entrée de son restaurant. De quoi régler sa montre à l'heure de Tokyo!
Aya est au chômage technique avec un tel resto...
17 octobre 2007
Caramélisé de bonheur
Je suis comme Arte, j'aime les soirées "Théma". Lundi soir, une délicieuse soirée libanaise s'est annoncée. Le point de départ? Mon cinéma de rattrapage sis au bord de la rue Mouffetard diffusait "Caramel" de Nadine Labaki. Une soirée qui s'est divisée en deux parties : film et débat (culinaire). "Caramel", fortement conseillé par mon entourage, a tenu toutes ses promesses. Ce film dont chaque tonalité rappelle la couleur du caramel, aurait pu être l'oeuvre de Pedro Almodovar. A Beyrouth, cinq femmes se rencontrent, se confient dans un institut de beauté, un "venus beauté" libanais. Au salon, chacune de ses femmes est filmée avec tendresse dans son quotidien et dans les rues de Beyrouth où la vie continue malgré et contre tout...
Le caramel se malaxe, se déguste, avant de s'étaler sur les jambes des clientes. Oui, le caramel est épilatoire. Drôle, joyeux et superbement filmé, "Caramel" est un extrait d'orient, une merveille d'optimisme et d'émotion. Vu en VO, les dialogues sont ponctués de mots en français, restes d'un ancien protectorat... Après ce film si charmant, il nous fallait explorer plus en profondeur la culture libanaise et discuter dans une atmosphère sereine et décontractée... Direction : une de mes cantines préférées avec le plus sympa des patrons : "L'Olivier du village" (45, rue Descartes, 75005 Paris). Avec deux assiettes de l'Olivier composées d'Hors d'oeuvres froids et chauds, un excellent vin libanais, deux thés à la Menthe gentiment accompagnés de Baklava, nous avons pu évoquer avec le chef ce magnifique film tout en parlant de la situation au Liban... Il y a quelques mois, ce même cuisinier nous avait fait goûter un très bon vin libanais qui avait reçu un prix. Il s'était penché vers nous et nous avait montré un texto envoyé par un de ses amis : "malgré nos souffrances, nous sommes encore capables de faire de grandes choses". Comme dans le film, la vie continue...
24 septembre 2007
Bibimbap
Gourmands de tous les pays unissez-vous ! A l'occasion d'une nouvelle rubrique dont vous pourrez noter la sobriété, je vous invite au resto coréen le plus ancien de Paris, le formidable "HanLim". Découvert grâce à un guide à sac à dos, ce resto est devenu une de mes cantines préférées (post séance aquatique de préférence). Bon signe : ce restaurant est particulièrement fréquenté par des coréens et on peut y déguster de formidables barbecues (très relevés) et accompagnés de petits mets coréens (très bons légumes, un bol de riz...très relevés). Mais surtout deux plats à découvrir à tout prix. En premier, le bibimbap dont voici le mode d'emploi et réglement (vous aurez l'air plus fin) :
1. On vous apporte un plat en fonte garni de riz, légumes, viandes, épices, algues et oeuf sur le plat
2. Attention, c'est chaud.
3. Encore une fois, attention, vous êtes distraits, vous avez goûter sans mélanger l'ensemble !
4. Vous avez compris, il faut mélanger intensément avec la cuillère disposée à cet effet sur la table
5. Même après la piscine, il est utile de faire du sport (rappel)
6. En fait bibimbap signifie "mélange" et "riz cuit" en coréen... D'où les règles n°3, 4, voire 5.
7. Munissez-vous des baguettes métallisées du plus bel effet
8. N'oubliez-pas que le restaurant est aussi un lieu de convivialité et que votre partenaire est venu(e) surtout pour votre charmante conversation
9. Souriez (en plus c'est pas si lourd et pas cher)
Deuxième plat et de loin ma préférence, car les plats les plus simples sont souvent les meilleurs : la spécialité maison : le poulet à l'ail. Merveille des merveilles. Répulsif à "vampires" et à "premiers rendez-vous".
Et puis, notons le formidable accueil : un hôte courtois, une grand mère se baladant entre les tables, un jeune bonze serveur. Tout est très bien orchestré !
A vos baguettes !
12 septembre 2006
" - Adeline, on dirait le sud !"
Samedi soir, après un verre de Vinho verde dégusté entre amis et à domicile, A, C, S et M se sont rendus dans une taverne, une vraie. Une taverne du Cap Vert, avec Musique, musicien, enterrement de jeune fille (en tutu), de jeune garçon (en cycliste), anniversaire de jeune fille (sans accessoire). Nous, élégants dans les prémisces de l'ivresse, avons entamé une première étude comparative : caïpirinha (voir plus haut pour image, le cocktail le plus populaire du Brésil) et le Mojito (le cocktail le plus populaire rive droite). Egalité parfaite... Ensuite, dégustation de magnifiques assiettes créoles... Et là, le chanteur, un mix de Ronaldinho et de Gilberto Gil se mit à toucher sa guitare et à activer sa boîte à rythme. Oui, il s'agit bien du "santana" de l'affiche à côté de la table... Oui, il a beaucoup changé. Après de multiples standards, accompagnés par les choeurs de l'armée saoule, Gilberto Santana s'en va se reposer et faire provision de cocktails et fumigènes.
Un temps de pause nécessaire à A et S, les seuls courageux de la soirée, qui tentent alors la dégustation d'un véritable plat d'hiver brésilien, la feijoada...
C. : "La feijoada tire ses origines dans les cuisines de la senzala (habitation d'esclave) à l'époque coloniale où le feijoada était préparée avec les abats délaissés par les maîtres !". Merci C.
Au milieu du repas, Gilberto revient et nous offre le plus beau medley de l'histoire du medley. Voulzy est détrôné. La danse devient irrésistible. Le chanteur s'humecte les lèvres... et là, entame un magnifique hymne lusophone : "le SUD" de nino Ferrer !
Oui, le "Sud" qu'il interprètera une demi-douzaine de fois et que nous reprendrons avec bonheur le même nombre de fois...
Arrive alors un personnage clef de la soirée qui volera la vedette aux futurs mariés et qui sauvera le chanteur en déroute... ADELINE ! ADELINE ! ADELINE !
Qui est donc Adeline? Inconnue peu de temps auparavant, Gilberto Santana nous a présenté dans une langue métissée sa famille, son père, ses frères, ses soeurs, ses cousins, ses cousines... tout un bonheur familial présenté entre deux verres...
Grand mérite à Adeline d'avoir pu chanter sous les vapeurs éthyliques des spectacteurs et en compagnie d'un citron chantant, imbibé de caïpirinha... On lui fut gré de revenir à la rescousse après la version lusophone de Penny Lane... Le chanteur tapote le micro, espère une défaillance technique qui le sauvera de sa mission de troubadour, retapote le micro qu'il tend avec une once d'espoir aux mariés. C'est le temps des remerciements. C'est toujours ça de pris.
Après avoir dansé le sud une dernière fois, un rhum à la main, une paille dans la bouche... nous avons vu s'éloigner les futurs mariés, alliance de la danse classique et du vélocipède...
Le serveur, ému par cette soirée et ce départ, eut juste le temps de formuler du bout des lèvres ce qui lui semblait le plus adéquat :
"Bonne fin de mariage !"
Une bien jolie soirée... et une bien jolie bourde...





