28 février 2009
Après la pluie (de Manchester), le beau temps (de Miami) !
Il fut un temps où la ville de Manchester n’était pas seulement unie derrière une équipe de football, mais également derrière un groupe de pop, les "Smiths". A la tête de ce groupe, le chanteur Morrissey et le guitariste Johnny Marr, un duo passionnant à la Lennon-McCartney : le premier écrit et chante magnifiquement des paroles brillantes, le second met en musique les états d’âme de son comparse. Après quelques albums dont les magnifiques "Meat is murder", "The Queen is dead" et "Strangeways, here we come", l’harmonie s’écroule... en même temps que le moral des fans qui vivent la séparation dans la douleur.
A partir de 1988, commence la discographie solo de Morrissey et avec elle les éternels regrets des fans de la première heure qui jugent chaque nouvelle création du chanteur à l’aune des albums des smiths. Pas une mince affaire d’atteindre ce niveau d’excellence, la déception est souvent de mise, la mauvaise foi aussi. Dernier exemple en date, le désamour des Inrockuptibles suite à la parution du dernier album "Years of refusal". Sur l’air de "Nous nous sommes tant aimés"et "comment te dire adieu", les soutiens de la première heure sont déçus par les changements physiques et artistiques du chanteur.
Sous la pluie de Manchester, Morrissey et son corps malingre et blanc chantait avec sensibilité sur des musiques délicates. Aujourd’hui, sous le soleil de Miami, Morrissey et son corps de culturiste bronzé chante avec sensibilité sur des musiques brutales. Quelle révolution ! Quel scandale !
Pourtant, jamais la voix de Morrissey ne paraît aussi belle qu’en compagnie de guitares et batteries furieuses. Tout est question de contraste. Morrissey souffle le chaud et le froid, le doux et le brutal, la pop et le rock, le glam et le rockabilly, la tristesse et l’énergie. De quoi froisser la sensibilité de ceux, nombreux, qui pleurent les "smiths" et regrettent que l’histoire ne se soit pas terminée sur le dernier chef d’oeuvre en date, "Vauxhall and I" (1994).
Oublions tout ça et écoutons les grandes réussites de cet album : "when i last spoke to carol" aux rythmes latinos endiablés (à noter que Morrissey est une grande star dans les pays hispanophones. Il est aussi un grand opportuniste...) et le premier single "i’m throwing my arms around Paris" en vidéo ci-dessous.
Morrissey est souvent considéré comme l’une des dernières icônes rock, "the last of the international playboys"... Ce titre vaut bien un bon rock !

