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Journal peu intime...

24 octobre 2007

Les leçons d'Alfred

Pourquoi revenir une nouvelle fois sur l’œuvre magistrale d’Alfred Hitchcock ? Parce qu’il est, comme Charles Chaplin l’a été avant lui, un maître du cinéma, un des piliers sur lesquels repose le cinéma contemporain. Hitchcock a su jouer d’artifices et d’ingéniosité pour entraîner le spectateur à croire à ses histoires. Virtuose du frisson, et du suspense, il est le cinéaste de la diversité, empruntant aux différents genres cinématographiques de quoi enrichir ses œuvres et le style « hitchcockien ». Les acteurs fétiches du réalisateur, ainsi que les magnifiques actrices qui ont illuminé la pellicule ont contribué à faire de son cinéma, une œuvre singulière et à redécouvrir régulièrement. La recette de ses films est composée de plusieurs éléments regroupés dans les « leçons » ci-dessous :

1ère leçon d'Alfred : la surprise contre le suspens
 

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Un des éléments les plus récurrents de l’œuvre d’Hitchcock est sans conteste le suspens. Lors des fameux entretiens entre Alfred Hitchcock et François Truffaut, une des questions soulevées par le réalisateur français a trait à la différence entre la surprise et le suspens : « La différence entre le suspense et la surprise est très simple. Nous sommes en train de parler, il y a peut-être une bombe sous cette table et notre conversation est très ordinaire, il ne se passe rien de spécial, et tout d’un coup, boum, explosion. Le public est surpris, mais avant qu’il ne l’ait été, on lui a montré une scène absolument ordinaire, dénuée d’intérêt. Maintenant, examinons le suspense. La bombe est sous la table et le public le sait, probablement parce qu’il a vu l’anarchiste la déposer. Le public sait que la bombe explosera à une heure et il sait qu’il est une heure moins le quart - il y a une horloge dans le décor ; la même conversation anodine devient tout à coup très intéressante parce que le public participe à la scène (...). Dans le premier cas, on a offert au public quinze secondes de surprise au moment de l’explosion. Dans le deuxième cas, nous lui offrons quinze minutes de suspense" Alfred Hitchcock (dans Hitchcock Truffaut, les entretiens) »

2nde leçon d’Alfred : le fameux « Macguffin »

 

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Cet étrange et énigmatique "MacGuffin" est un des concepts fondamentaux du cinéma d’Alfred Hitchcock. Il s’agit en fait d’un élément qui lance l’intrigue et qui s’avère par la suite sans importance : l’argent volé au début de Psychose qui compte tenu des événements est complètement oublié par la suite, les "inséparables" dans les oiseaux, le microfilm dans un film d’espionnage, etc...  Ce procédé est maintenant régulièrement utilisé dans le cinéma contemporain et même dans les séries télévisées (les Simpson par exemple...).

3ème leçon d'Alfred : la marque Hitchcock
 

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Malgré la diversité de son oeuvre, Hitchcock intègre des éléments réguliers qui identifient telle une signature la paternité de l’oeuvre. En premier lieu, la figuration du réalisateur est devenue au cours des années la marque de fabrique de son auteur. Qui n’a pas guetté le passage où apparaît le réalisateur en pleine promenade, absorbée par la lecture de la presse ou en shopping ? Depuis, cette originalité a même été reprise par les auteurs des adaptations des aventures de tintin en dessin animé. Hergé figure au début de chaque aventure ! Autre élément régulier : les décors. De l’aveu même du réalisateur, ceux-ci n’avaient guère d’importance : une tenture peinte suffisait amplement à identifier le contexte d’une scène. D’autres éléments sont notables dans les films d’Hitchcock : les scènes de pousuite, la présence d’escaliers dans ces oeuvres... et la figure de la femme Hitchcockienne, qui nécessite à elle-seule une leçon !

4ème leçon d’Alfred : la Blonde Hitchcockienne

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Grand amateur de femmes, Alfred Hitchcock a mis en scène des actrices qui ont toutes revêtues le style de la femme "Hitchcockienne" : blonde, distinguée, indifféremment voleuse, femme du monde ou espionne. Grace Kelly, Kim Nowak, Tippi Hedren... toutes semblent jouer la même femme. Décrié pour son autoritarisme envers ses actrices qu’il poursuivait de ses aciduités, Hitchcock n’était pas tendre avec ses actrices en témoigne cette déclaration : "Kim Novak n’est qu’une inconsistante cire qui m’a coûté les plus grandes peines à modeler. J’ai tout fait."

5ème leçon d’Alfred : le cinéma en musique

 

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La musique dans les films d’Alfred Hitchcock a une grande importance : composée avec régularité par Bernard Herrmann, la musique est un élément qui met le spectateur dans un climat d’angoisse ou de nervosité. La musique de Psychose accompagne parfaitement l’angoisse suscitée par les images et l’histoire. La musique est aussi au coeur de l’intrigue : dans l’homme qui en savait trop, la cymbale est le déclencheur de l’attentat. Plus généralement, le son est particulièrement travaillé : écoutez la scène de la douche de Psychose et le son d’une pastèque que blesse un couteau...

6ème leçon : ... et l'art
 

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Amateur d’art, Hitchcock met en scène ses personnages dans les musées (dans sueurs froides notamment...) et a même fait appel à Salvador Dali pour la scène de rêve dans la maison du docteur Edwardes. Ce lien entre art et cinéma a même été au coeur d’une grande exposition au Centre Pompidou en 2001.

7ème leçon : l'écriture
 

La plupart de ses oeuvres sont des adaptations cinématographiques de romans de Daphné du Maurier (Rebecca, les oiseaux), de Patricia Highsmith (l’inconnu de Nord express), de Boileau-Narcejac (sueurs froides), William Irish (fenêtre sur cour), David Dodge (la main au collet)... Des romans signés Alfred Hitchcock existent également et sont dans la lignée de la série télévisée Alfred Hitchcock présente...

Pour finir, quelques conseils pour découvrir ou redécouvrir le cinéma d'Alfred Hitchcock :

 

une femme disparaît, Rebecca, l'ombre d'un doute, la maison du docteur Edwardes (avec la scène du rêve conçu par Salvador Dali), les enchaînés, la corde, l'inconnu du nord express (qu'on avait vu ensemble...), le crime était presque parfait, fenêtre sur cour, sueurs froides (mon préféré...), psychose, pas de printemps pour Marnie et les oiseaux... 

Posté par arnolog à 11:21 - Cinéma et série - Commentaires [0] - Permalien [#]

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