23 août 2006
Truffaut et "les salades de l'amour"

"Le film de demain
sera un acte d'amour" ...
En écrivant ces mots dans la revue Arts en 1957, François Truffaut exprimait une proposition de cinéma, vivante et à l'écriture sensible. Durant sa carrière, il n'eut de cesse de filmer la beauté, le mystère de la femme, la fragilité de l'homme, confrontés à un amour obsessionnel, souvent à sens unique et toujours destructeur.
Le cinéma de François Truffaut est la réécriture de sa propre vie, le reflet fantasmé d'une enfance durant laquelle il ne reçut qu'au compte gouttes l'amour de sa mère. Ses blessures originelles se colmatèrent dans ses oeuvres, et son entourage professionnel et plus particulièrement féminin (il tombait amoureux de toutes ses actrices) forma un bouclier contre l'adversité.
Peut-être sa personnalité et son vécu peuvent-ils expliquer les raisons pour lesquelles ses films sont des films d'amour et de véritables déclarations, au cinéma, à la littérature, et aux femmes...
La passion du cinéma
François Truffaut est né à Paris en 1932 de père inconnu. Sa scolarité est chaotique, sa famille indifférente, ses évasions sont littéraires et cinématographiques. La rencontre avec André Bazin est déterminante. Son engagement dans l'aventure des "cahiers du cinéma" en découle. Les premiers films de Truffaut (les 400 coups, tirez sur le pianiste, Jules et Jim) témoignent d'un ton neuf, d'une liberté d'écriture qui l'imposent d'emblée. On le prit ensuite pour un classique (la peau douce, Fahrenheit 451 et la mariée était en noir sont d'une facture plus traditionnelle que ses premiers films). A la manière d'Alfred Hitchcock, il opte pour le spectacle. Quand le jeune cinéma affirmait le déclin et la mort du personnage, il s'acharnait à faire vivre des figures inoubliables. Tous ces films manifestent en effet l'amour des personnages. François Truffaut était éperdument amoureux de son art, un cinéphile passionné de Renois, Guitry, Rosselini, Welles, Cocteau, Lubitsch, Hitchcock et Chaplin. La nuit américaine (oscarisé en 1973) est autant une magistrale leçon de cinéma qu'une déclaration d'amour à cette expression artistique.
L'amour du livre
Critique ou cinéaste, Truffaut est d'abord un homme passionné par l'écriture. Les personnages écrivent (lettre, journaux, romans ou thèse) ou lisent, même lorsque cela est interdit (Fahrenheit 451 adapté d'un roman de Ray Bradbury). Antoine Doinel dans Domicile conjugal déclare à sa femme écrire un roman intitulé "les salades de l'amour". Les références littéraires sont nombreuses dans l'oeuvre du cinéaste. la démarche romanesque et la progression du récit sont directement inspirées d'A la recherche du temps perdu de Proust. truffaut rend également hommage à Balzac. ainsi dans baisers volés, Antoine Doinel, ébloui par Madame Tabard, confond réalité et fiction en plaquant l'intrigue du lys dans la vallée sur sa propre vie.
Les fièvres féminines
"Le cinéma est un art de la femme, c'est à dire de l'actrice, le travail de metteur en scène consiste à faire faire de jolies choses à de jolie femmes" (François Truffaut, critique de Bonjour tristesse d'Otto Preminger). La galerie de riches portraits féminins témoigne de l'intérêt que portait François Truffaut à la gente féminine. Catherine (Jeanne Moreau), entourée de Jules et Jim, est aux prises avec les exigeantes et tragiques intermittences du coeur. Adèle H (Isabelle Adjani) se consume dans une passion amoureuse vouée à l'échec. Dans la femme d'à côté, Truffaut fait de Fanny Ardant une femme rongée par l'obsession amoureuse, étrange et même étrangère au monde réel. mais l'amour des femmes fait toujours ressurgir la figure originelle et cruellement absente de la mère.
La vie amoureuse d'Antoine Doinel
François Truffaut a filmé son alter ego Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) aux prises avec ses amours, ses désirs. Dès les 400 coups, Antoine Doinel, jeune garçon de 13 ans tombe amoureux d'une femme plus âgée, apparition, déesse et surtout substitut maternel. dans Antoine et colette, Antoine, 16 ans, courtise une fille et séduit... ses parents. Dans Baisers volés, le coeur d'Antoine balance entre deux femmes, Christine Darbon (Claude Jade) et Madame Tabard (Delphine Seyrig). Désormais marié à Christine Darbon dans Domicile conjugal, Antoine découvre la vie à deux, la paternité et l'adultère. Dernier volet du cycle Doinel, L'amour en fuite réuni toues les femmes qui ont compté dans la vie d'Antoine Doinel...
Mes préférences :
Baiser volé, Domicile Conjugal, L'homme qui aimait les femmes, la femme d'à côté...
Commentaires
Demande d'information!
Bonjour, je voudrais savoir d'où est tirée cette phrase de François Truffaut :
"Le cinéma est un art de la femme, c'est à dire de l'actrice, le travail de metteur en scène consiste à faire faire de jolies choses à de jolies femmes "
Il me faudrait, si possible, la référence exacte.
Merci de l'attention que vous porterez à mon commentaire.
Chloé (garanca@hotmail.com) si vous pouviez me répondre sur mon adresse email...




